L’incroyable histoire de la création de Play-Doh

par Olivier
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L'incroyable histoire de la création de Play-Doh
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La véritable histoire de la création de Play-Doh

Secretement délicieux, condamnée dès le départ à finir en une boule brunâtre et collante, la pâte Play-Doh a parcouru un long chemin avant de devenir une icône de l’enfance. Difficile d’imaginer qu’un produit aussi banal en apparence puisse nourrir autant de souvenirs, au point de susciter aujourd’hui encore la curiosité, les anecdotes et même un projet de film. Pour comprendre l’histoire de Play-Doh, il faut remonter à une époque où ce matériau n’était pas pensé pour amuser les enfants, mais pour entretenir les murs des maisons américaines.

Play-Doh

Si vous avez déjà été enfant dans le monde occidental, ou si vous êtes adulte et avez juré en silence en retirant de la moquette des résidus durcis de pâte colorée, vous connaissez sans doute très bien Play-Doh. Ce composé de modelage aux couleurs vives a fait partie intégrante de l’enfance américaine pendant des décennies. Mais d’où vient-il, au juste, et pourquoi a-t-il été créé ?

Contrairement à l’idée romantique d’une invention née d’un effort patient pour offrir aux tout-petits une matière parfaite à malaxer, Play-Doh est issu d’un détour industriel bien plus prosaïque. Son histoire illustre à merveille la manière dont un produit peut survivre en se réinventant, lorsque son usage d’origine n’a plus lieu d’être.

Dans les années 1930, les ménages américains cherchaient encore des moyens fiables de nettoyer la suie et la saleté accumulées sur les papiers peints. C’est dans ce contexte qu’existait Kutol Non-Crumbly Type Wall Cleaner, un nettoyant mural non toxique que l’on utilisait pour redonner aux surfaces un aspect plus net.

Mais l’évolution des intérieurs a bouleversé cet équilibre. Avec l’arrivée de revêtements muraux en vinyle, plus faciles à entretenir, les ventes de Kutol ont chuté. Ce recul aurait pu signer la fin du produit, sans l’intervention décisive d’une institutrice du New Jersey, Kay Zufall. En voyant dans cette pâte une matière simple à manipuler pour les enfants de maternelle, elle a ouvert la voie à une nouvelle utilisation.

Par un heureux concours de circonstances, Kay Zufall était la belle-sœur de Joe McVicker, l’un des responsables de la fabrication du nettoyant mural. D’après NJ.com, il s’est montré prêt à donner une seconde vie au produit. Des couleurs ont été ajoutées, le conditionnement a été repensé, et la pâte est devenue Play-Doh. Ainsi, un nettoyant mural du quotidien s’est transformé en un objet culte de l’histoire de l’enfance aux États-Unis.

Aujourd’hui, Play-Doh est un incontournable des salles de jeux et des classes de maternelle dans le monde entier. Selon USA Today, Hasbro en vend plus de 100 millions de pots par an, et plus de 700 millions de livres de cette pâte ont déjà été produites. Ce succès explique aussi l’existence d’une journée nationale dédiée à Play-Doh, célébrée chaque 16 septembre.

Comme souvent avec les réussites commerciales devenues phénomènes culturels, Play-Doh a même été évoqué pour une adaptation au cinéma. En 2015, il a été rapporté que Hasbro discutait avec le réalisateur et scénariste Paul Feig au sujet d’un film inspiré de Play-Doh. Depuis, le projet est resté discret, mais l’idée suffit à montrer à quel point cette pâte colorée a dépassé son usage initial.

Pour ceux qui aiment les détails insolites, Play-Doh réserve encore quelques surprises. L’étiquette « non toxique » peut rassurer, mais elle ne suggère pas pour autant qu’il s’agisse d’un aliment. Selon The Daily Meal, sa formule contient notamment du borax et de l’huile minérale. En clair, la pâte Play-Doh n’a rien d’un super-aliment, et la manger n’apporterait rien de bon, sinon peut-être une anecdote de plus à raconter.

En revanche, jouer avec Play-Doh aurait de véritables effets positifs sur le développement des jeunes enfants. Une étude relayée par Michigan State University indique que les enfants qui manipulent cette pâte développent de meilleures capacités motrices fines ainsi que des aptitudes créatives plus solides. Entre invention industrielle, histoire de l’enfance et science du développement, Play-Doh montre qu’un objet modeste peut laisser une empreinte durable dans la culture populaire.

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