Ces légendes du rock victimes du syndrome du deuxième album

par Sophie
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Ces légendes du rock victimes du syndrome du deuxième album
Irlande, États-Unis, Royaume-Uni

Il existe un phénomène unique dans la musique populaire que les fans ont vu se répéter inlassablement : le redoutable syndrome du deuxième album. En termes simples, il s’agit du moment où un nouvel artiste sort un premier opus superbe qui grimpe au sommet des charts, pour ensuite décevoir avec un second disque médiocre qui échoue à impressionner la critique ou à séduire le public.

Meat Loaf sur scène en 1978
Meat Loaf en concert durant sa période de gloire à la fin des années 70.

Les raisons de ce déclin sont multiples. La plus évidente est souvent le manque de temps : un artiste passe des années à peaufiner le matériel de son premier album. Une fois le succès au rendez-vous, la demande pour une suite devient intense et immédiate. L’artiste doit alors composer de nouveaux tubes sous la pression d’un calendrier serré, tout en gérant les tournées et les bouleversements liés à une célébrité soudaine.

Ce stress est immense, et il faut saluer ceux qui parviennent à livrer un second disque supérieur au premier. Pourtant, ce syndrome a frappé les plus grands, des succès sans lendemain aux groupes devenus légendaires après avoir surmonté ce faux pas initial. Voici un regard sur ces rockeurs qui ont été victimes du syndrome du deuxième album.

U2 — October

Pochette de l'album October de U2
L’album October, sorti en 1981, a marqué une période de doute pour le groupe irlandais.

L’épopée du quatuor de Dublin a véritablement commencé avec la sortie de leur premier album, Boy, en 1980. Porté par la voix de Bono et la guitare ciselée de The Edge, l’album annonçait l’arrivée d’une formation post-punk pleine d’énergie. Les critiques étaient dithyrambiques, Rolling Stone qualifiant l’œuvre de magnifiquement précoce. Les attentes pour la suite étaient donc extrêmement élevées.

Sorti en octobre 1981, l’album October s’est avéré décevant. Sa création fut chaotique : les relations entre les membres étaient si tendues que The Edge a brièvement quitté le groupe avant de se raviser. Le premier single, Fire, a été accueilli avec indifférence. Bono lui-même a admis plus tard que la chanson n’était pas très bonne, et The Edge a ajouté qu’elle manquait de contenu malgré son potentiel. Heureusement, U2 a redressé la barre avec son troisième opus, War, dont les succès comme Sunday Bloody Sunday ont ouvert la voie à des décennies de triomphe.

Meat Loaf — Dead Ringer

Pochette de l'album Dead Ringer de Meat Loaf
Dead Ringer n’a pas réussi à égaler le succès phénoménal de Bat Out of Hell.

Après avoir adopté son nom de scène, Meat Loaf a explosé sur les ondes avec Bat Out of Hell en 1977. Avec ses compositions de type opéra-rock signées Jim Steinman, l’album s’est vendu à environ 43 millions d’exemplaires, devenant l’un des plus grands succès de l’histoire du rock. La suite, Dead Ringer, n’est arrivée qu’en 1981.

Ce délai s’explique par le fait que le chanteur avait perdu sa voix lors de la tournée précédente et manquait de confiance pour retourner en studio. Les critiques furent cinglantes, pointant des performances vocales alarmantes. L’album a sombré et Meat Loaf a admis plus tard qu’il traversait une dépression nerveuse durant l’enregistrement. Il a fallu attendre ses retrouvailles avec Steinman pour Bat Out of Hell II pour qu’il retrouve le sommet des classements avec le tube I’d Do Anything for Love (But I Won’t Do That).

Tom Petty and the Heartbreakers — You’re Gonna Get It!

Pochette de l'album You're Gonna Get It de Tom Petty
Le deuxième album de Tom Petty a été marqué par une certaine apathie créative selon l’artiste.

Le premier album éponyme du groupe, sorti en 1976, est devenu un succès progressif grâce à des titres comme Breakdown et American Girl. Cependant, leur deuxième opus de 1978, You’re Gonna Get It!, n’a pas su capitaliser sur cet élan. Bien qu’il n’ait pas nui à la réputation du groupe, l’album a été accueilli par une certaine apathie critique.

Tom Petty a reconnu plus tard que l’album n’avait pas été réalisé comme il l’aurait fallu, évoquant une apathie qui avait envahi le groupe à l’époque. Ce n’est qu’avec leur troisième album, Damn the Torpedoes, que les Heartbreakers ont véritablement trouvé leur rythme, créant ce qui reste aujourd’hui leur œuvre la plus emblématique.

Dire Straits — Communique

Pochette de l'album Communiqué de Dire Straits
Communiqué a été perçu par beaucoup comme une simple redite du premier album du groupe.

En 1979, le single Sultans of Swing a imposé un style unique mêlant jazz, blues et rock, porté par le jeu de guitare distinctif de Mark Knopfler. Le premier album de Dire Straits était une véritable leçon de musique. Pourtant, la sortie de Communiqué a douché les espoirs de ceux qui attendaient quelque chose d’encore plus grand.

Malgré des morceaux notables comme Lady Writer, les critiques ont reproché à l’album de n’être qu’une redite du premier. Knopfler a lui-même confessé plus tard qu’il ne considérait pas ce disque comme étant très réussi. Le groupe a continué son chemin jusqu’au triomphe mondial de Brothers in Arms en 1985, qui contenait notamment le tube Money for Nothing.

The Knack — … But the Little Girls Understand

Pochette de l'album ...But the Little Girls Understand de The Knack
The Knack n’a jamais réussi à retrouver le succès massif de leur premier single.

Durant l’été 1979, il était impossible d’échapper au tube My Sharona. La chanson et le premier album de The Knack ont dominé les charts américains pendant plusieurs semaines. On aurait pu croire que leur deuxième album serait encore plus massif, mais … But the Little Girls Understand, sorti en 1980, a été accueilli avec dédain.

Le groupe a alors été relégué au rang de succès sans lendemain. Le leader Doug Fieger a expliqué plus tard qu’il avait souhaité que le premier disque soit un double album, mais que le label avait refusé. Après l’explosion du premier opus, la maison de disques a rassemblé les chansons restantes pour former ce deuxième album, qui n’était finalement composé que de chutes de studio du premier projet.

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