Dans le vaste théâtre de la nature, l’hypothèse d’une disparition des plantes soulève l’un des scénarios les plus sombres pour la vie terrestre. Après tout, entre les inquiétudes liées aux pollutions modernes, aux canicules extrêmes et aux bouleversements climatiques, l’humanité a déjà largement de quoi s’alarmer. Pourtant, imaginons un instant un monde où toute vie végétale s’éteindrait brusquement : au-delà de l’anecdote sur les choux de Bruxelles, c’est l’équilibre même de la planète qui s’effondrerait.
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Les plantes jouent un rôle central dans le fonctionnement de la biosphère, et leur absence bouleverserait immédiatement les cycles de la vie. D’après l’article de Nature cité dans le texte source, la situation serait déjà bien avancée sur certains aspects, ce qui rend la question encore plus pertinente pour quiconque s’intéresse à l’écologie et à la survie des écosystèmes. Mais contrairement à une idée reçue, le danger le plus pressant ne serait pas d’entrer tout de suite dans une crise d’oxygène.
Selon New Scientist, les délais évoqués par les scientifiques pour l’épuisement total de l’oxygène divergent fortement : 370 ans, 5 000 ans ou même 52 500 ans. Autrement dit, l’air ne disparaîtrait pas immédiatement. Ce délai, toutefois, ne changerait pas l’essentiel : sans plantes, le monde deviendrait rapidement inhabitable pour la majorité des formes de vie, et la disparition des plantes enclencherait une chaîne de catastrophes biologiques et climatiques.
La menace la plus immédiate concernerait en réalité le dioxyde de carbone. Un scientifique interrogé par New Scientist estime que l’humanité pourrait succomber à une intoxication au CO2 en à peine deux mois et demi, tant nos propres émissions finiraient par s’accumuler dans une atmosphère privée de régulation végétale. C’est une perspective brutale, mais elle rappelle combien le rôle des plantes dans l’équilibre atmosphérique est fondamental pour la vie terrestre.
Ensuite viendrait la famine. Sans végétation, les herbivores disparaîtraient très vite, suivis de près par les carnivores, condamnés à se dévorer entre eux dans une lutte désespérée pour la survie. Dans un premier temps, quelques champignons et autres fungi pourraient subsister en se développant sur les matières organiques mortes, mais cette ressource finirait elle aussi par s’épuiser. Le sol, privé de son renouvellement biologique, deviendrait progressivement stérile.
Pour l’être humain, la situation resterait désespérée, même si l’issue ne serait pas forcément immédiate. En excluant le phytoplancton de la catégorie des plantes, les océans pourraient encore soutenir une petite population, peut-être pendant longtemps. Mais sur les continents, la survie deviendrait presque impossible. Avec moins d’animaux capables de respirer l’oxygène, certains scénarios envisagent même un monde où les derniers humains ne disparaîtraient qu’après environ 500 000 ans.
Un tel avenir laisserait derrière lui une Terre bien silencieuse, privée de forêts, de cultures et de paysages végétaux. Dans cette réflexion sur la nature et l’extinction, une chose demeure certaine : la disparition des plantes ne serait pas seulement la perte d’un décor, mais l’effondrement de tout ce qui rend la vie terrestre possible. Et, bien sûr, il n’y aurait plus de choux de Bruxelles — ce qui, pour certains, pourrait tout de même rester un maigre avantage.
