Requin-pèlerin : l’appel aux plaisanciers pour aider la science

par Sophie
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Requin-pèlerin : l'appel aux plaisanciers pour aider la science
France

Le requin-pèlerin est un véritable géant des mers. Deuxième plus grand poisson au monde, juste derrière le requin-baleine, il impressionne par ses dimensions pouvant atteindre 12 à 13 mètres de long. Malgré sa silhouette imposante qui pourrait inquiéter, cet animal est totalement inoffensif pour l’être humain. Chaque printemps, ce grand voyageur traverse les eaux françaises, offrant un spectacle rare aux plaisanciers et aux promeneurs du littoral.

Un appel à la vigilance citoyenne

Classé comme espèce en danger après avoir été intensément chassé par le passé pour sa chair et son huile, le requin-pèlerin demeure méconnu. Pour combler les lacunes scientifiques sur son mode de vie, l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens (Apecs) sollicite l’aide du public. À l’approche du week-end de Pâques, l’organisation invite toute personne apercevant le squale au large de la Bretagne à signaler l’observation immédiatement auprès de ses services.

Selon Alexandra Rohr, chargée de mission à l’Apecs, la connaissance de l’espèce est encore très parcellaire. Les chercheurs disposent de peu d’informations sur sa reproduction, ses déplacements exacts et ses habitudes quotidiennes. Une meilleure compréhension de ces éléments est pourtant indispensable pour assurer une protection efficace de l’animal.

Une absence remarquée cette année

Pour le moment, aucune observation n’a été recensée cette année au large des côtes françaises. Ce manque de données ne signifie pas nécessairement que les requins ont déserté la zone. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce silence :

  • Des conditions météorologiques défavorables en mer ces dernières semaines.
  • Une présence réduite des plaisanciers et des observateurs potentiels.
  • Une baisse de l’activité des pêcheurs, notamment en raison du prix élevé des carburants.

Le mystère des grandes migrations

Le marquage de certains spécimens par des balises électroniques a déjà permis de révéler des comportements étonnants. En 2017, le suivi d’une femelle nommée Anna a montré qu’elle avait voyagé du nord de l’Écosse jusqu’au large du Cap-Vert, soit un périple de 5 000 kilomètres. Ces poissons n’ont pas l’obligation de remonter régulièrement à la surface, car ils se nourrissent de petites crevettes présentes dans le plancton en filtrant l’eau.

Toutefois, les scientifiques notent que les observations en surface surviennent de plus en plus tôt dans la saison, sans que la raison ne soit encore identifiée. L’Apecs espère profiter des prochaines semaines pour poser de nouvelles balises sur le dos de ces animaux afin de percer les secrets de leurs longs voyages sous-marins.

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