Science
En 1979, Alien a gravé dans les mémoires une vérité devenue légendaire : « Dans l’espace, personne ne vous entend crier ». Selon une expérience menée en 2019, cette idée est bien fondée. Le film de Ridley Scott n’est donc pas seulement un chef-d’œuvre du cinéma de science-fiction et de l’horreur : c’est aussi une leçon de science, aussi glaçante qu’inoubliable. Pourtant, plus on s’intéresse à l’espace, plus on découvre qu’il reste étranger à l’être humain, et souvent franchement hostile.
Ceux qui ont eu l’honneur de quitter la Terre pour aller si haut, « comme un diamant » dans le ciel noir, peuvent témoigner des effets de l’espace sur le corps : troubles de la vision, affaiblissement du système immunitaire, chute des ongles, diminution de la densité osseuse. En somme, l’espace abîme. Mais au-delà de ces dégâts physiques, une autre question intrigue encore : quelle est l’odeur de l’espace ?
Comme le rappelle Popular Science, il est impossible pour un être humain de respirer une véritable bouffée d’espace pur, car l’espace est un vide. Pourtant, les astronautes de la Station spatiale internationale qui sortent effectuer des opérations à l’extérieur reviennent parfois avec des traces olfactives bien particulières sur leurs combinaisons. D’après leurs descriptions, l’odeur évoque un steak « brûlé » ou « frit ». Lorsqu’un parfumeur a tenté de reproduire cette senteur pour une simulation, des astronautes l’ont comparée à de la poudre à canon usée.

Mais d’où vient exactement ce mélange d’odeurs, décrit avec humour par Popular Science comme un « bouquet de métal chaud, de fumées de diesel et de barbecue » ? La réponse tient en un mot : la mort. Plus précisément, les étoiles mourantes produisent des hydrocarbures aromatiques polycycliques lorsqu’elles se consument, et ces molécules se répandent dans l’univers. Heureusement — ou malheureusement —, personne n’entend les étoiles hurler pendant qu’elles se consument littéralement.
Bien sûr, l’odeur de l’espace ne se résume sans doute pas uniquement à celle de la mort stellaire. Le reste du tableau demeure mystérieux. L’obscurité cosmique abrite aussi des objets étonnants, comme des cristaux d’urine, des carcasses d’animaux ou encore la Tesla Roadster d’Elon Musk. Il est donc possible que chacun de ces éléments contribue, à sa manière infime, à l’odeur de l’espace. La voiture, elle, ajouterait peut-être une note musquée, presque marquée par le cannabis.
