La nature peut frapper avec une brutalité impressionnante — séismes, ouragans, tornades et même de véritables invasions de criquets. Parmi ces catastrophes naturelles, le tsunami figure sans doute parmi les plus redoutables : il survient avec très peu d’avertissement, se déplace à grande vitesse et peut balayer tout ce qui se trouve sur son passage. En Californie, comme ailleurs sur la côte Pacifique, le risque d’un tsunami n’appartient pas au domaine du fantasme. Il s’agit surtout d’une question de temps.
Si un tsunami en Californie venait à se produire, il ne frapperait probablement pas la baie de San Francisco, contrairement à ce que la culture populaire a souvent laissé imaginer. Les failles de cette région ne sont pas de celles qui provoquent ce type de vague. Un tsunami naît généralement lorsqu’une plaque tectonique glisse sous une autre, reste bloquée, puis finit par se libérer brusquement : la pression accumulée déplace alors d’énormes masses d’eau, déclenchant une onde dévastatrice.

Ce n’est pas forcément la partie de la Californie que l’on croit qui serait la plus menacée par un tsunami
Dans la région de San Francisco, la faille la plus connue est celle de San Andreas, une faille coulissante. Dans ce cas, les plaques se déplacent horizontalement l’une contre l’autre, sans subduction. Or, sans subduction, il n’y a pas ce déplacement vertical du fond marin qui génère les grandes vagues de tsunami. Le sud de la Californie ne présente pas non plus, d’après les recherches disponibles, les caractéristiques géologiques les plus favorables à ce type d’événement.
Le secteur le plus exposé se situe en réalité plus au nord, sur la côte du Pacifique, dans la zone de subduction de Cascadia. En 1700, un séisme majeur sur cette faille a provoqué un tsunami qui a traversé l’océan jusqu’à atteindre des villages côtiers japonais. Ce précédent rappelle que le risque naturel n’est pas théorique : il appartient à l’histoire même de la façade ouest nord-américaine.

La Californie serait en grande difficulté après un tsunami
Selon les analyses consacrées au “grand séisme” attendu dans la région, il n’existe pas de système d’alerte précoce efficace dans le Nord-Ouest Pacifique. Cela signifie qu’au moment où le tremblement de terre commence, la population n’a pratiquement aucun temps pour se préparer. Le réseau électrique risque de cesser de fonctionner presque immédiatement, ce qui compliquerait encore davantage l’évacuation, surtout si l’événement survient de nuit.
Les habitants devraient fuir à pied, avec seulement 10 à 30 minutes pour quitter les zones menacées. La vague pourrait progresser vers l’intérieur des terres à une vitesse d’environ 13 à 14 miles par heure, soit près de 21 à 23 km/h, avec une hauteur variant entre 20 et 100 pieds, soit environ 6 à 30 mètres. Sur son passage, elle emporterait l’eau, mais aussi les débris de forêts, de quartiers résidentiels et de parkings arrachés à la côte. Pour espérer être en sécurité, il faudrait se trouver à au moins deux miles à l’intérieur des terres, ou à environ 100 pieds d’altitude, soit près de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les conséquences d’un tel tsunami se feraient sentir pendant des années. En dehors immédiate de la zone d’inondation, le rétablissement de l’électricité pourrait prendre trois mois. L’accès à l’eau et à l’assainissement pourrait nécessiter jusqu’à un an. Les autoroutes ne seraient pas remises en service avant environ six mois, et les hôpitaux pourraient mettre 18 mois à redevenir pleinement opérationnels. Plus on se rapproche du littoral, plus ces délais s’allongent encore.
Quant à la zone d’engloutissement elle-même, elle resterait probablement inhabitable pendant de nombreuses années. En pratique, il vaudrait mieux éviter d’y retourner durablement, tant les dommages d’un tsunami Californie seraient profonds et persistants. Pour un séjour sur la côte du Nord-Ouest pacifique, mieux vaut donc rester à bonne distance de l’océan et observer les plages de loin. Et, surtout, ne pas s’y installer.
