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Pour beaucoup, Bonnie Tyler se résume à un seul titre : « Total Eclipse of the Heart ». Ce morceau grandiose, écrit par Jim Steinman pour une comédie musicale sur Nosferatu, a dominé les classements mondiaux en 1983 et a récemment franchi la barre du milliard d’écoutes sur Spotify. Pourtant, au-delà de ce succès planétaire, la chanteuse galloise possède un répertoire riche qui mérite d’être exploré, particulièrement sa période faste des années 80.

Holding Out for a Hero
C’est sans doute le choix le plus emblématique après son tube majeur. Sorti en 1984, ce titre a connu une seconde jeunesse grâce au cinéma. Bien qu’il n’ait jamais atteint la première place des charts à sa sortie, il accompagne désormais des scènes cultes de films comme Shrek 2 ou Super Mario Bros. Le Film. La chanson a été initialement écrite pour le film Footloose, illustrant une scène mémorable où le personnage de Kevin Bacon défie un rival lors d’un duel de tracteurs.
Musicalement, on y retrouve la patte de Jim Steinman : une production théâtrale et excessive qui sied parfaitement à la voix rauque de Tyler. C’est l’hymne ultime de l’outsider qui triomphe contre toute attente, porté par une énergie communicative.
The Best
Tout le monde connaît la version de Tina Turner, mais il s’agit à l’origine d’une chanson de Bonnie Tyler. Sortie en 1988 sur l’album « Hide Your Heart », elle a été reprise par Turner l’année suivante. Si la version de la « Reine du Rock » est devenue iconique dans la mémoire collective, l’originale possède une âme et une puissance vocale tout aussi remarquables.
Les deux versions partagent une structure similaire, mais se distinguent par leurs arrangements. Là où Turner utilise un saxophone pour le solo, Tyler mise sur une guitare électrique. Écouter l’original permet de redécouvrir ce classique sous un angle plus rock et sensible, prouvant que Tyler était bien plus qu’une interprète de ballades.
If You Were A Woman (And I Was A Man)
Ce titre de 1986 est l’essence même des années 80. Entre les boîtes à rythmes marquées, les lignes de synthétiseurs et un clip vidéo aux accents gothiques, la chanson transpire l’esthétique de son époque. Produite par Jim Steinman, elle tente de retrouver la grandeur dramatique de « Total Eclipse of the Heart » avec des éléments musicaux parallèles.
Le clip vaut à lui seul le détour pour son extravagance visuelle, mettant en scène des lutteurs dans la boue et un quatuor à cordes portant des épaulettes de football américain. C’est un morceau efficace qui démontre la capacité de Tyler à porter des productions ambitieuses et visuellement décalées.
Faster Than the Speed of Night
Chanson-titre de l’album qui a consacré sa carrière en 1983, ce morceau déploie une énergie rock indéniable. On y retrouve des riffs de guitare puissants et des arpèges de piano typiques de la pop de l’époque. Le titre s’intègre parfaitement dans un album cohérent qui comprend également des reprises de Creedence Clearwater Revival et de Bryan Adams.
Moins diffusée que les grands tubes, cette chanson évite les répétitions excessives et propose une montée en puissance naturelle. Elle illustre parfaitement la collaboration fructueuse entre Tyler et Steinman, rappelant parfois l’univers musical de Meat Loaf par son côté épique et ses envolées instrumentales.
Here She Comes
Plus méconnue, cette chanson de 1984 ne figure sur aucun album studio original de la chanteuse. Elle a été créée pour la bande originale de la version restaurée du film Metropolis de Fritz Lang, sous la direction du célèbre compositeur Giorgio Moroder. Contrairement aux autres titres produits par Steinman, « Here She Comes » met davantage l’accent sur la voix pure de Tyler.
La mélodie est portée par des accords de guitare puissants mais plus sobres, laissant la signature vocale de l’artiste s’exprimer pleinement. C’est un rappel efficace que, derrière les productions massives des années 80, Bonnie Tyler restait avant tout une interprète d’exception capable de transmettre une émotion brute avec une instrumentation simplifiée.
