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Lors d’une audition devant le Sénat, les représentants de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et du WWF ont dressé un bilan alarmant de la stratégie environnementale française. Selon ces experts, la France n’est actuellement pas en mesure de respecter ses engagements internationaux en faveur de la biodiversité.
Des objectifs de protection menacés
À la suite de la COP15 sur la biodiversité, la France s’est fixé pour mission de protéger 30 % de ses espaces terrestres et marins d’ici 2030. Ce plan inclut un objectif de 10 % de protection forte. Toutefois, Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN, prévient que ces ambitions se heurtent à une réalité budgétaire insuffisante.
Un besoin de financement massif
Le manque de moyens financiers constitue le principal obstacle à la réussite de cette stratégie. Une mission d’inspection menée en 2023 a révélé qu’un investissement supplémentaire atteignant 465 millions d’euros par an serait nécessaire d’ici 2027 pour atteindre les objectifs fixés.
En plus de ce besoin de fonds nouveaux, l’UICN appelle à une révision profonde des aides publiques. Un rapport de l’Inspection générale des finances publié en 2025 a identifié environ 37 milliards d’euros de subventions publiques qui pourraient être préjudiciables à la biodiversité et qui nécessiteraient un réexamen complet.
Une ambition politique jugée insuffisante
Le constat est tout aussi sévère du côté du WWF France. Véronique Andrieux, directrice générale de l’organisation, dénonce un manque de volonté politique et estime que le futur plan national de restauration de la nature n’est pas à la hauteur des enjeux actuels. Elle regrette une tendance au renoncement alors que la situation climatique et écologique exigerait une accélération des actions de préservation.
