Frapper un requin sur le nez : Mythe ou réalité ?

par Olivier
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Frapper un requin sur le nez : Mythe ou réalité ?
États-Unis, France

Les attaques de requins nourrissent depuis longtemps une peur presque obsessionnelle chez l’être humain. On les imagine volontiers avec leurs rangées de dents dentelées, capables de réduire la chair en lambeaux, un peu comme du cheddar râpé. Cette fascination, entretenue chaque année par la célèbre Shark Week, a fait du requin une figure incontournable de la culture populaire et des récits de survie.

Pourtant, malgré l’attention qu’elles suscitent, les attaques restent extrêmement rares. Selon le Florida Museum of Natural History, qui a recensé les attaques non provoquées, on en compte 828 depuis 1580. Les statistiques sont même rassurantes : le risque de mourir d’une attaque de requin est estimé à 1 sur 3,7 millions, soit moins élevé que celui lié aux feux d’artifice, à la foudre ou à un accident de voiture.

Mais les incidents existent bel et bien, et l’on entend souvent qu’en cas d’attaque, il faudrait frapper le requin sur le museau, à la manière de Mike Tyson, pour l’empêcher d’agir. Sur le papier, l’idée paraît simple. En pratique, les spécialistes recommandent autre chose. David Shiffman, doctorant au University of Miami’s Abess Center for Ecosystem Science and Policy, qui étudie l’écologie et la conservation des requins, estime que ce n’est pas la meilleure stratégie.

Selon lui, frapper peut surtout aggraver la situation en excitant davantage l’animal sans le neutraliser réellement. À la place, il conseille de viser les yeux. C’est un point sensible qui peut interrompre l’attaque et donner une chance de s’échapper.

« Si vous mettez quelque chose dans l’œil, cela arrêtera ce qu’il est en train de faire », explique-t-il. Les requins possèdent bien une membrane protectrice, comparable à une paupière, appelée membrane nictitante. Mais cette protection sert surtout à préserver l’œil lorsqu’une proie se débat dans leurs mâchoires, pas à résister à des doigts ou à des coups.

Cette méthode aurait d’ailleurs permis au surfeur Scott Stephens de survivre à une attaque de grand requin blanc en 2012. En résumé, frapper un requin peut faire partie d’un réflexe de défense, mais viser les yeux semble plus efficace que de s’acharner sur le museau.

Bien sûr, la seule façon de garantir sa sécurité reste d’éviter les eaux où les requins sont présents. Mais si l’on choisit malgré tout de s’y aventurer, mieux vaut connaître les bons gestes de sécurité et garder à l’esprit que, dans une situation extrême, chaque seconde compte.

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