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Chaque année, à la mi-mai, les jardiniers et agriculteurs scrutent le ciel avec appréhension. Saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, mieux connus sous le nom de « saints de glace », sont traditionnellement associés aux derniers risques de gel de la saison. Selon la croyance populaire, une fois ces trois jours passés, les plantations peuvent enfin débuter en toute sécurité. Pourtant, la réalité scientifique observée par Météo-France nuance fortement cette tradition séculaire.
Une superstition contredite par les chiffres
Pour vérifier la véracité de ce phénomène, Météo-France a analysé les températures relevées dans 130 stations de plaine sur une période de 73 ans. Le constat est sans appel : la tradition est erronée dans deux tiers des cas. Les statistiques montrent que dans 67 % des années étudiées, la dernière période de froid intense s’est produite après le 13 mai.
Certains observateurs avertis, particulièrement dans le nord de la France, préfèrent d’ailleurs se fier à un quatrième saint : saint Urbain. Célébré autrefois le 25 mai, ce dernier est souvent considéré comme le véritable rempart final contre les gelées printanières, le dicton populaire affirmant qu’il tient les trois autres saints dans sa main.
L’évolution du gel face au changement climatique
L’analyse des données révèle une tendance à la baisse des épisodes de gel à grande échelle depuis le milieu des années 1990. Avant 1995, il était fréquent de mesurer des gelées tardives dans plus de 30 stations simultanément après la mi-mai. Depuis, seule l’année 2012 a atteint un tel niveau avec 31 stations concernées.
Toutefois, la situation est contrastée. Si les gelées généralisées se raréfient, la décennie 2010-2020 a enregistré des épisodes de froid plus réguliers que la période 1990-2000, bien que ces phénomènes soient plus localisés. Le risque de gel tardif reste donc une réalité concrète, même si sa portée géographique semble se restreindre au fil du temps.
Un mois de mai 2026 particulièrement frais
En 2026, la tradition semble reprendre ses droits. Les relevés récents confirment une baisse notable des températures durant la période des saints de glace. Dans la nuit du 11 au 12 mai, des gelées sous abri ont été enregistrées dans plusieurs régions, notamment des Hauts-de-France au Grand-Est.
- Mourmelon-le-Grand (Marne) a enregistré une température de -1,7 °C.
- Charleville-Mézières (Ardennes) est descendue à -1,0 °C.
- Beauvais (Oise) a frôlé le gel avec +0,5 °C.
Cette fraîcheur devrait persister. Un afflux d’air polaire maritime provoque actuellement des giboulées au nord de la Loire. Les prévisions indiquent que ce temps froid et humide se prolongera durant le week-end de l’Ascension, confirmant que le mois de mai peut encore réserver des surprises hivernales malgré l’avancée du printemps.
