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Alors que certains musiciens semblent dotés de carrières défiant le temps, d’autres voient leur popularité fluctuer, souvent à la baisse. Pourtant, plusieurs rockeurs, qualifiés de « has-beens » par une industrie musicale focalisée sur la rentabilité, méritent une seconde chance. Une baisse des ventes ou l’oubli du public ne signifient pas qu’un artiste n’a plus rien à offrir. Ces talents, qui ont déjà prouvé leur valeur, possèdent encore l’énergie nécessaire pour marquer les esprits.

Nous avons sélectionné cinq artistes rock qui ne sont plus sous les projecteurs, mais qui devraient à nouveau capter notre attention. Qu’ils soient des auteurs d’un seul tube tombés dans l’obscurité ou des vétérans en semi-retraite, ils ont tous le potentiel pour un retour triomphal. Comme l’aurait dit le dramaturge britannique John Osborne : « Il vaut mieux être un has-been qu’un jamais-été ».
Robert Fripp
Avec son mellotron symphonique et son jeu de guitare incisif, Robert Fripp a fait du premier album de King Crimson, « In The Court of the Crimson King » (1969), l’un des piliers du rock progressif. Le groupe a connu de multiples formations et styles, rencontrant un grand succès commercial dans les années 1980. Fripp a également mené une carrière solo variée, explorant aussi bien la musique ambiante que le dance-rock.
En 2012, après 43 ans de carrière, il annonce sa retraite en raison de différends avec les maisons de disques. Il confie alors au Financial Times que sa vie de musicien professionnel est devenue un exercice de futilité sans joie. Heureusement, il revient sur scène en 2014 avec une nouvelle version de Crimson, tournant jusqu’en 2022. Aujourd’hui, il se consacre à la série YouTube « Sunday Lunch » avec sa femme Toyah Wilcox, prouvant qu’il possède toujours la verve et l’audace de ses débuts.
Mick Jones
Si Joe Strummer était le visage politique de The Clash, son partenaire d’écriture Mick Jones était tout aussi essentiel au son du groupe. C’est sa voix que l’on entend sur « Train in Vain », le titre qui a ouvert les portes du marché américain au groupe punk. Jones a également signé les riffs de guitare de succès majeurs comme « Should I Stay or Should I Go » et « Rock the Casbah ».
Après l’aventure punk, il a formé Big Audio Dynamite, mêlant écriture soignée et rythmes dansants. En juin 2025, à l’occasion de ses 70 ans, il a inauguré la « Rock & Roll Public Library », un musée éphémère retraçant son parcours. Alors que les chansons de The Clash connaissent un regain de popularité sur TikTok et que Jones a collaboré avec Gorillaz, les fans espèrent désormais son retour sur scène.
Ultravox
À la fin des années 1970, Ultravox refusait de choisir entre le punk et la synth-pop naissante. Le groupe se distinguait par l’utilisation de violons et de pianos acoustiques aux côtés des synthétiseurs. Leur album « Vienna », sorti en 1980, a atteint la troisième place des charts britanniques, porté par un morceau-titre majestueux et la voix vertigineuse de Midge Ure. Après une performance remarquée au Live Aid en 1985, le groupe s’est séparé en 1987.
Midge Ure poursuit depuis une carrière solo et prévoit de sortir un nouvel album, « A Man Of Two Worlds », le 8 mai 2026, suivi d’une tournée. Bien qu’il interprète toujours des titres d’Ultravox en concert, l’idée d’une réunion avec ses anciens camarades reste séduisante, surtout à l’heure où d’autres groupes de la même époque, comme The Human League, continuent de tourner avec succès aux États-Unis.
Tom Waits
Avec sa voix de gravier et ses textes inspirés de la Beat Generation, Tom Waits est un artiste unique en son genre. Depuis son premier album « Closing Time » en 1973, son style n’a cessé d’évoluer vers des sonorités de plus en plus brutes et atypiques. Cependant, le silence radio domine depuis la sortie de son dernier album, « Bad as Me », en 2011.
À 71 ans, Waits se fait rare. On l’attend prochainement sur un album hommage à Shane MacGowan, le leader des Pogues, et il apparaît dans la bande-annonce du nouveau film de Martin McDonagh, « Wild Horse Nine ». Bien que sa dernière tournée remonte à 2008, les amateurs de cette légende alternative américaine espèrent toujours secrètement un nouvel album studio.
Debora Iyall
Moins connue du grand public, Debora Iyall a pourtant marqué les pistes de danse des années 1980 avec le groupe Romeo Void. Leur single « Never Say Never » est devenu un classique de la New Wave, porté par le chant provocateur de cette artiste d’origine amérindienne. Le groupe était salué pour son mélange unique de jazz, de funk et de poésie frontale.
Après la dissolution de Romeo Void, Iyall s’est tournée vers l’enseignement et les arts plastiques, tout en continuant d’écrire ponctuellement. En avril 2026, la sortie d’un album live de Romeo Void pour le Record Store Day pourrait être l’occasion idéale pour le public de redécouvrir cette voix poétique et singulière qui refusait les codes du rock commercial.
