Ces groupes des années 70 dont la carrière s’est arrêtée trop tôt

par Sophie
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Ces groupes des années 70 dont la carrière s'est arrêtée trop tôt
États-Unis, Royaume-Uni

Les années 1970 ont été marquées par des géants de la musique comme les Eagles ou Fleetwood Mac, dont la longévité a assuré leur place au panthéon du rock. Cependant, d’autres formations tout aussi talentueuses n’ont pas eu cette chance. Entre tensions internes, ventes décevantes, problèmes de gestion ou tragédies personnelles, certains groupes se sont dissous alors qu’ils semblaient promis à un avenir radieux, laissant derrière eux un héritage qui continue d’influencer les artistes actuels.

Joy Division sur scène dans les années 1970
Joy Division en concert, l’un des groupes les plus influents malgré une carrière fulgurante.

Big Star : un succès critique sans ventes

Formé à Memphis en 1971, Big Star reposait sur l’alchimie entre les auteurs-compositeurs Chris Bell et Alex Chilton. Malgré des critiques élogieuses pour leur premier album, « #1 Record » (1972), les problèmes de distribution de leur label parent, Stax, ont entravé les ventes. Découragé, Bell quitte le groupe rapidement. Chilton et les autres membres poursuivent l’aventure, mais le sort s’acharne : leur deuxième opus, « Radio City », souffre des mêmes difficultés logistiques.

Le groupe finit par se séparer en 1974, juste avant que leur notoriété n’explose de manière posthume. La mort tragique de Chris Bell dans un accident de voiture en 1978 a mis fin à tout espoir de réunion originale. Ce n’est que dans les années 1980 que des groupes comme REM ou The Replacements ont clamé leur admiration pour Big Star, relançant l’intérêt pour cette formation pionnière de la power-pop.

Labelle : une révolution interrompue

Composé de Patti LaBelle, Nona Hendryx et Sarah Dash, Labelle a brisé les codes en mélangeant rock, soul et R&B avec une esthétique glam. Le trio abordait des thèmes sociaux audacieux comme le racisme et le sexisme bien avant que cela ne devienne courant. Leur apogée survient avec l’album « Nightbirds » et le tube planétaire « Lady Marmalade », produit par la légende de la Nouvelle-Orléans Allen Toussaint.

Pourtant, des divergences artistiques et des tensions internes ont eu raison du groupe après l’accueil mitigé de l’album « Chameleon » en 1976. Si Patti LaBelle a connu une carrière solo brillante, l’alchimie unique du trio s’est évaporée. Un projet d’opéra rock sur l’histoire du groupe, mené par Nona Hendryx, est actuellement en développement pour 2025.

Joy Division et la fin tragique d’Ian Curtis

En seulement deux albums studio entre 1978 et 1980, Joy Division a redéfini le paysage du rock moderne. Mené par Ian Curtis, le groupe de Manchester a créé un son post-punk sombre et minimaliste, magnifié par le producteur Martin Hannett. L’album « Unknown Pleasures » reste une référence absolue pour sa poésie mélancolique et ses paysages sonores industriels.

La carrière du groupe s’est arrêtée brutalement le 18 mai 1980, lorsque Ian Curtis, souffrant d’épilepsie et de dépression, s’est donné la mort à la veille d’une tournée nord-américaine. Les membres restants ont formé New Order, adoptant un son plus électronique et dansant. Bien que New Order soit devenu extrêmement influent, la profondeur émotionnelle apportée par les textes de Curtis reste unique à l’ère Joy Division.

Ram Jam et l’énigme « Black Betty »

Le groupe new-yorkais Ram Jam n’a existé qu’un peu plus d’un an, mais a laissé une trace indélébile avec sa reprise de « Black Betty ». Ce titre, issu d’un chant de travail traditionnel popularisé par Lead Belly, n’avait d’ailleurs pas été enregistré initialement par le groupe entier, mais par le guitariste Bill Bartlett avec une autre formation.

Leur premier album éponyme en 1977 a connu un certain succès, mais le second, « Portrait of the Artist as a Young Ram », n’a pas rencontré son public. Le groupe s’est séparé peu après, sans avoir eu le temps de stabiliser une identité musicale propre, oscillant entre le rock sudiste et les prémices du métal.

The Raspberries : les rois de la power-pop

Originaire de Cleveland, le groupe The Raspberries a dominé les ondes au début des années 1970 avec des titres comme « Go All the Way ». Leur style, mêlant accords de guitare puissants et harmonies vocales inspirées des Beatles, a défini la power-pop. Cependant, l’épuisement dû aux tournées et les tensions concernant le contrôle créatif d’Eric Carmen ont précipité leur chute.

Après un dernier album en 1975, le groupe se sépare. Eric Carmen a ensuite poursuivi une carrière solo couronnée de succès, notamment avec le tube « All by Myself ». Malgré une brève réunion scénique dans les années 2000, la mort de Carmen en 2024 a définitivement clos l’histoire de ce groupe qui aurait pu marquer encore plus durablement la décennie.

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