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La vérité inconnue sur the Cars
Dans l’histoire du divertissement et de la musique des années 80, the Cars occupent une place à part. Nés à la croisée du new wave, du rock et de la pop, Ric Ocasek et Benjamin Orr ont façonné un son immédiatement reconnaissable, élégant et accrocheur. Avec l’arrivée du guitariste Elliot Easton, du claviériste Greg Hawkes et du batteur David Robinson, le groupe a trouvé sa formation idéale, capable d’enchaîner les hymnes radiophoniques et les morceaux devenus cultes comme Just What I Needed, My Best Friend’s Girl, Drive ou encore Tonight She Comes.
Le parcours des Cars raconte aussi une époque où la musique s’est mêlée à l’image, notamment grâce aux clips vidéo devenus essentiels à l’ère de MTV. Le groupe a su tirer parti de ce nouveau langage visuel avec des productions inventives et marquantes, renforçant son statut de groupe emblématique des années 80. Après leur séparation à la fin de la décennie, puis une réunion partielle des années plus tard, la mort de Ric Ocasek en 2019 a définitivement inscrit the Cars dans la mémoire collective de la culture pop.
Quand Ric Ocasek a rencontré Benjamin Orr

L’histoire de the Cars commence bien avant leur succès planétaire, dans une scène musicale locale typique des années 60. Ric Ocasek découvre Benjamin Orr à la télévision, alors que ce dernier se produit avec son groupe, les Grasshoppers, dans une émission musicale en noir et blanc. De cette rencontre naît une amitié qui, quelques années plus tard, se transforme en collaboration artistique à travers plusieurs formations successives, dont ID Nirvana puis Milkwood.
Malgré une signature chez Paramount Records et la sortie d’un album en 1972, Milkwood ne rencontre pas le succès espéré. Ocasek et Orr ne renoncent pourtant pas. Ils montent d’autres projets, dont Richard and the Rabbits, et recrutent Greg Hawkes pour enrichir leur son. À cette époque, les deux musiciens vivent de petits emplois tout en enregistrant des démos dans un studio de Boston, symbole d’une période de persévérance et d’apprentissage qui précède la naissance du groupe the Cars.
Cap’n Swing, l’ébauche de the Cars
Au début de 1976, Ric Ocasek et Benjamin Orr lancent un nouveau groupe plus directement tourné vers la pop-rock, baptisé Cap’n Swing. L’ajout du guitariste Elliot Easton, fraîchement diplômé du Berklee College of Music, fait évoluer l’ensemble vers ce qui deviendra le son caractéristique de the Cars. Le groupe enregistre des démos et attire l’attention lors d’un événement local soutenu par la radio WBCN, où Maxanne Sartori joue un rôle clé dans leur mise en lumière.
Convaincue du potentiel du groupe, Sartori leur conseille de modifier leur formation : Benjamin Orr passe de chanteur principal à bassiste et co-chanteur, tandis que David Robinson, ancien membre des Modern Lovers, est recruté à la batterie pour apporter une couleur plus pop. Ce remaniement, ajouté au retour de Greg Hawkes, marque une étape décisive. Cap’n Swing laisse alors place à une formation plus cohérente, plus directe, et surtout prête à devenir the Cars.
Le nom the Cars, une évidence simple et efficace
Changer de son ne suffisait pas : le groupe devait aussi trouver un nom digne de ses ambitions. Cap’n Swing, jugé maladroit et peu mémorable, ne correspondait plus à l’image recherchée. David Robinson a raconté que Ric Ocasek voulait un nom plus fort, plus universel et surtout moins lié à une époque précise. La solution est venue avec the Cars, un nom court, facile à retenir et suffisamment neutre pour traverser les modes.
Ce choix s’est révélé particulièrement stratégique. Ocasek appréciait aussi le fait que le nom commence par la lettre C, un avantage potentiel dans les bacs des disquaires. Simple, clair et efficace, the Cars incarnait parfaitement l’esprit d’un groupe qui voulait aller à l’essentiel tout en marquant durablement la culture musicale des années 80.
Une ascension fulgurante
La transition de Cap’n Swing à the Cars s’effectue à toute vitesse en 1976. Dès le mois de décembre, le groupe joue son premier concert sous ce nouveau nom. Deux mois plus tard, il enregistre une démo contenant déjà les premières versions de futurs classiques comme My Best Friend’s Girl et Just What I Needed. Diffusés à la radio locale par Maxanne Sartori, ces titres déclenchent une réponse enthousiaste du public.
Les maisons de disques remarquent alors ce groupe encore sans contrat, mais déjà omniprésent à la radio sur un marché majeur. The Cars signent avec Elektra et partent en tournée pour construire leur réputation. En février 1978, ils enregistrent leur premier album éponyme en seulement douze jours, preuve d’une efficacité créative qui allait devenir l’une de leurs marques de fabrique.
« Shake It Up », un morceau travaillé jusqu’à l’obsession
Si les chansons de the Cars donnent souvent une impression de facilité, leur élaboration fut parfois longue et complexe. C’est le cas de Shake It Up, tube de 1981 qui a mis des années à trouver sa forme définitive. David Robinson a expliqué que le morceau avait été enregistré puis abandonné à plusieurs reprises, avant que le groupe décide de repartir de zéro et de tout réécrire avec un regard neuf.
Ric Ocasek lui-même n’était pas totalement satisfait de certains textes, qu’il jugeait parfois trop faibles. Pourtant, cette chanson à l’allure rétro, avec ses accents inspirés du début des années 60, a fini par s’imposer comme l’un des morceaux phares de the Cars, preuve que leur sens de la mélodie pouvait transformer une idée hésitante en succès marquant.
« You Might Think », quand le clip devient un événement
You Might Think reste sans doute l’un des titres les plus célèbres de the Cars, en grande partie grâce à son clip devenu culte. Au début de l’ère MTV, le groupe fait partie des rares formations à comprendre immédiatement l’importance du format vidéo. Le réalisateur Jeff Stein imagine alors une animation hybride mêlant prises de vue réelles et effets visuels inspirés de publicités illustrées de façon excentrique.
Le projet ne convainc pas tout de suite les musiciens, et Ric Ocasek lui-même aurait détesté l’idée, estimant que le clip se moquait de son apparence. Pourtant, le résultat a dépassé toutes les attentes : la vidéo a été la première à entrer dans la collection permanente du Museum of Modern Art, et elle a remporté le prix de la vidéo de l’année lors des premiers MTV Video Music Awards en 1984, devançant même Thriller de Michael Jackson.
« Drive », la ballade qui a changé l’histoire du groupe
Avec Drive, the Cars ont montré une autre facette de leur talent. Cette ballade douce et sophistiquée tranche avec l’énergie nerveuse de leurs premiers succès. En 1984, l’acteur Timothy Hutton, alors en transition vers la réalisation, écoute l’album Heartbeat City et est immédiatement frappé par la force émotionnelle du morceau.
Pour le clip, Hutton cherche une présence féminine à la fois séduisante et intrigante, et engage le mannequin Paulina Porizkova. Le tournage crée une alchimie évidente entre elle et Ric Ocasek, tous deux amenés à rejouer une scène de tension amoureuse. Cette rencontre débouche plus tard sur un mariage en 1989, qui durera près de trente ans. Drive s’impose ainsi non seulement comme un tournant artistique, mais aussi comme une chanson liée à une histoire personnelle devenue célèbre.
La relation complexe entre Ric Ocasek et Benjamin Orr
Aux yeux du public, Ric Ocasek incarnait souvent à lui seul the Cars. Son allure singulière et sa place de principal chanteur ont contribué à cette impression. Pourtant, Benjamin Orr a lui aussi porté la voix du groupe sur plusieurs de ses titres les plus importants, notamment Just What I Needed, Drive et Moving in Stereo. Leurs timbres étaient si proches que beaucoup d’auditeurs ne réalisaient pas immédiatement qu’il s’agissait de deux chanteurs différents.
Leur amitié, née bien avant la gloire, a traversé de nombreuses années de collaboration. Mais à la fin des années 80, les tensions se sont accentuées, au point qu’Orr voyageait séparément du reste du groupe. Après la séparation de 1988, les deux hommes se sont éloignés, avant de se réconcilier en partie lors de l’enregistrement d’un DVD du groupe à la fin des années 90. La mort de Benjamin Orr en 2000, des suites d’un cancer du pancréas, a profondément marqué Ric Ocasek, qui lui a rendu hommage avec la chanson Silver.
Les New Cars, puis le retour de the Cars
Après la séparation du groupe, un retour semblait peu probable tant les tensions étaient vives et les absences lourdes. Pourtant, dans les années 2000, une tentative de relance voit le jour sous le nom de New Cars. Greg Hawkes et Elliot Easton participent au projet, tandis que David Robinson s’en retire rapidement. Pour compléter la formation, les musiciens font appel à des artistes expérimentés comme Todd Rundgren et Prairie Prince.
Cette version alternative du groupe joue en tournée et sort un album intitulé It’s Alive, mais l’accueil reste mitigé. Malgré cette tentative, le véritable événement intervient au début des années 2010, lorsque les membres historiques de the Cars se retrouvent enfin pour un nouvel album, Move Like This. Le disque donne naissance à Sad Song et s’accompagne d’une dernière tournée, avant une ultime reconnaissance au Rock and Roll Hall of Fame en 2018.
Lors de cette intronisation, Brandon Flowers, chanteur des Killers et admirateur de longue date, rend un hommage appuyé à Ric Ocasek, Benjamin Orr, David Robinson, Greg Hawkes et Elliot Easton. Le groupe remonte ensuite sur scène pour interpréter My Best Friend’s Girl, avec Ocasek au chant et Scott Shriner de Weezer à la basse. Un an plus tard, la disparition de Ric Ocasek à 75 ans a refermé définitivement le chapitre de the Cars dans l’histoire du rock.
