Bonne nouvelle, et juste à temps pour les fêtes : si vos proches se moquent de votre nouveau tatouage, vous pourrez toujours leur répondre que cela ne vous empêchera pas de trouver un emploi… quitte à changer d’époque et à rejoindre l’Égypte ancienne, où l’on semblait bien plus ouvert sur la question des tatouages.
Le 22 novembre, l’archéologue Anne Austin, de l’Université du Missouri à Saint-Louis, a présenté des résultats montrant que l’imagerie infrarouge a permis de révéler des tatouages jusque-là invisibles sur sept momies retrouvées dans la région de Deir el-Médina, en Égypte. Cette découverte majeure modifie la manière dont les chercheurs interprètent la signification des tatouages dans l’histoire de l’Égypte ancienne. D’après les analyses, les restes momifiés, tous féminins, semblent avoir été tatoués pour signaler leur statut de guérisseuses et de figures sacrées, selon Science News.
Sur le plan de l’histoire des tatouages, cette découverte est particulièrement précieuse, car elle éclaire la place des marques corporelles dans la culture de l’Égypte ancienne. Les tatouages momies égyptiennes ne paraissent pas seulement décoratifs : ils pourraient aussi avoir eu une fonction religieuse, identitaire ou protectrice. Grâce à l’imagerie infrarouge, des motifs effacés par le temps deviennent enfin lisibles, offrant un regard neuf sur l’égyptologie et sur les pratiques corporelles d’il y a plusieurs millénaires.
Voici l’image conservée à la même place que dans la section originale :

Les motifs identifiables restent limités, mais une des momies présentait notamment trois marques sur le cou : un œil, probablement associé à la protection, et deux babouins, tous situés sur la gorge. Ce type d’iconographie suggère que les tatouages pouvaient avoir une portée symbolique forte dans l’Égypte antique, liée à la protection, au statut spirituel ou à des croyances religieuses bien précises.
Il est intéressant de noter que ces momies, datées d’il y a environ 3 000 à 5 000 ans, ne détiennent pas le record des plus anciennes dépouilles tatouées connues. Cet honneur revient à Ötzi, l’homme des glaces, découvert dans les Alpes de l’Ötztal en Autriche en 1991. Son corps, vieux d’environ 5 250 ans, demeure une référence essentielle pour l’histoire des tatouages et pour la recherche archéologique sur les pratiques corporelles des sociétés anciennes.
