Johnny Ringo : Le Pistolero le Plus Rapide de l’Ouest

par Olivier
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Johnny Ringo : Le Pistolero le Plus Rapide de l'Ouest
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Qui était le pistolero le plus rapide de l’Ouest ?

Les récits du Far West sont souvent remplis de zones d’ombre, de légendes et de réécritures tardives. Par exemple, History Net rappelle que le célèbre Doc Holliday n’était pas forcément le pistolero meurtrier que Wyatt Earp décrivait, mais plutôt un dentiste atteint de tuberculose, physiquement fragile, dont l’image de dure à cuire a été fabriquée par ses proches. De la même manière, la vie d’Earp elle-même est ponctuée de lacunes et d’embellissements. Dans l’histoire de l’Ouest sauvage, il est donc difficile de séparer le mythe de la réalité.

Et ce n’est pas seulement une affaire de récits flous : l’histoire de l’Ouest est aussi traversée d’innombrables coups de feu et de duels devenus légendaires. Certains de ces tirs furent probablement l’œuvre des plus rapides pistoleros de leur époque. Mais sans registre officiel comparable à un hypothétique « livre Guinness des records des fusillades », il est impossible de mesurer avec précision la vitesse de dégainage de chacun. Il faut donc s’en remettre à une version romancée de l’histoire, et choisir une figure assez imposante pour nourrir la légende.

Dans cet imaginaire, Johnny Ringo s’impose comme un nom incontournable. Si vous avez vu Tombstone, vous vous souvenez peut-être de ce personnage, présenté comme moins vif que le pétillant Doc Holliday. Pourtant, dans les années 1960, Ringo fut souvent montré sous un jour héroïque et inspira une série de westerns spaghetti et de séries télévisées. Comme le rapporte Johnny Ringo: The Gunfighter Who Never Was, ces représentations flatteuses ont donné naissance à des titres comme Ringo and His Golden Pistol, Stagecoach — où John Wayne incarnait le Ringo Kid — ou encore The Johnny Ringo Show, dont la chanson d’ouverture le proclamait « le flingue le plus rapide de tout l’Ouest, le plus rapide jamais connu ». L’auteur Steve Gatto souligne que cette image dorée de Ringo relève surtout d’exagérations romantiques du passé.

De son vivant, Johnny Ringo aimait se présenter comme un gentilhomme cultivé, capable de réciter Shakespeare et de se comporter comme un lord britannique, selon History. Son aura reposait en grande partie sur un jeu d’ombres et de fumée, mais, malgré l’absence d’instruction formelle, il lisait suffisamment pour convaincre les autres qu’il était un véritable homme du monde. Dès l’âge de 12 ans, il avait déjà développé une visée redoutable. À l’âge adulte, l’Arizona Capitol Times le surnomma même « le plus meurtrier des pistoleros de Tombstone ».

À cette époque, il avait déjà survécu à une querelle appelée la « Hoodoo War », au cours de laquelle il tua au moins deux hommes et parvint soit à échapper à la police, soit à éviter l’arrestation. Comment a-t-il pu s’en sortir aussi souvent ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que l’homme était d’une brutalité notoire : il aurait un jour tiré dans l’oreille d’un homme simplement parce que celui-ci refusait un whisky offert par Ringo. Associé aux infâmes Cochise County Cowboys, en conflit avec les frères Earp et Doc Holliday, il fut soupçonné d’avoir assassiné Morgan Earp après la fusillade de l’O.K. Corral. Mais le sort finit par se retourner contre lui : en 1882, Johnny Ringo fut retrouvé assis au pied d’un grand arbre, avec une balle dans la tête.

Ainsi se referme l’une des grandes énigmes du Far West : entre mythe et réalité, Johnny Ringo demeure une figure emblématique de l’histoire des pistoleros, à la croisée de la légende et de la violence qui ont façonné l’Ouest sauvage.

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