La Fête de Bastet : Un Carnaval Égyptien Antique

par Olivier
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La Fête de Bastet : Un Carnaval Égyptien Antique
Égypte

La vérité sur le grand festival en l’honneur de Bastet

Pour mieux comprendre la place de Bastet dans la vie religieuse et sociale de l’Égypte antique, cette section décrit le festival qui lui était consacré et l’ampleur de ses célébrations.

Déesse féline Bastet

Heritage Images/Getty Images

Bastet — souvent appelée Bast — est la déesse-chat de l’Égypte ancienne. Selon la World History Encyclopedia (worldhistory.org/Bastet), elle présidait aux foyers, à la domesticité, aux secrets féminins, aux chats, à la fertilité et aux accouchements. Protectrice des personnes, en particulier des femmes et des enfants, Bastet était invoquée contre les esprits malins et les maladies.

Son iconographie a évolué au fil des siècles : initialement représentée sous les traits d’une lionne vengeresse, elle apparaît progressivement comme une figure protectrice et se rapproche de l’image du chat domestique.

Le culte de Bastet était centré à Bubastis, une ville qui devint l’une des plus prospères de l’Égypte antique. Les fidèles affluaient de tout le pays pour vénérer la déesse et venir inhumer leurs chats aimés. Des découvertes archéologiques, comme un temple de 2 000 ans retrouvé à Alexandrie en 2010, confirment que le culte de Bastet a perduré jusque sous la dynastie lagide (BBC), la rapprochant parfois d’Athéna ou d’Artémis dans la syncrétisation gréco-égyptienne.

Statue de Bastet

Zzvet/Shutterstock

Les Égyptiens organisaient tout au long de l’année des fêtes religieuses pour honorer leurs divinités, exprimer leur reconnaissance et solliciter protection ou bienfaits (World History Encyclopedia).

Le festival de Bastet était l’un des plus populaires et des plus prisés. L’historien grec Hérodote, de passage en Égypte, a laissé le récit d’une célébration qu’il compare à un carnaval :

  • Des milliers de pèlerins arrivaient à Bubastis par barques et bateaux, accompagnés de chants et de musique.
  • On faisait du bruit avec des crécelles et des castagnettes ; la foule criait et répondait d’une rive à l’autre.
  • Les femmes, en particulier, se livraient à des exclamations et à des gestes de dérision — parfois traduits comme des insultes — et certaines relevaient leurs jupes, montrant qu’elles étaient nues en dessous.

Ce laisser-aller apparent avait une portée symbolique : la nudité féminine était associée à la fertilité et à la rupture temporaire des contraintes sociales, tandis que les invectives servaient à inciter les femmes à délaisser leurs tâches quotidiennes pour participer pleinement aux célébrations (The Historian’s Hut ; World History Encyclopedia).

Selon Hérodote, des centaines de milliers de personnes convergaient vers Bubastis pour boire en abondance, danser et festoyer. Il qualifiait la cérémonie dédiée à Bastet de la plus somptueuse parmi les fêtes égyptiennes. Cette effervescence n’était pas pure hédonisme : les Égyptiens considéraient que la transgression temporaire des normes plaisait aux déesses féminines — Sekhmet, Mut, Hathor, et bien sûr Bastet — et contribuait à garantir leur faveur et leur protection (American Research Center in Egypt).

En reliant dévotion, réjouissance collective et symboles de fertilité, le festival de Bastet apparaît comme un moment-clef où religion, société et culture se confondent dans un grand spectacle populaire.

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