La vérité sur la mort de Malcolm X : une affaire controversée

par Olivier
0 commentaires
A+A-
Reset
La vérité sur la mort de Malcolm X : une affaire controversée
États-Unis

Circonstances et controverses entourant la mort de Malcolm X

Malcolm X

Figure majeure et controversée des droits civiques, Malcolm X s’est fait connaître par son plaidoyer véhément en faveur des droits des Noirs et par son rejet des stratégies d’intégration non violente défendues par d’autres leaders de l’époque. Après sa rupture acrimonieuse avec la Nation of Islam et son évolution ideologique, il a exprimé une inquiétude croissante quant à sa sécurité personnelle. Cette paranoïa s’est renforcée à la suite d’actes qu’il imputait à ses anciens alliés, comme l’incendie criminel de sa maison dans le Queens (voir le résumé biographique ici : https://www.biography.com/news/malcolm-x-assassination).

Le 21 février 1965, Malcolm X a été assassiné à l’Audubon Ballroom. Trois membres de la Nation of Islam furent formellement inculpés : Talmadge Hayer (connu alors comme Thomas Hagan, aujourd’hui Mujahid Abdul Halim), Norman 3X Butler (aujourd’hui Muhammad A. Aziz) et Thomas 15X Johnson (aujourd’hui Khalil Islam). Seul Hayer a admis sa participation, tandis que Butler et Johnson ont toujours clamé leur innocence, soutien que Hayer a confirmé par la suite.

  • Talmadge Hayer (alias Thomas Hagan / Mujahid Abdul Halim) : l’unique accusé à avoir reconnu son rôle dans le meurtre.
  • Norman 3X Butler (aujourd’hui Muhammad A. Aziz) : maintient son innocence et poursuit la démarche pour faire réexaminer sa condamnation (cf. https://innocenceproject.org/malcolm-x-murder-innocent-aziz-butler/).
  • Thomas 15X Johnson (aujourd’hui Khalil Islam) : a toujours nié son implication ; il est décédé en 2009.

Malcolm X au micro

Au fil des décennies, la diffusion de nouveaux éléments a modifié la perception du meurtre. Malcolm X était sous la surveillance étroite du FBI au moment des faits, et des documents montrent que le directeur J. Edgar Hoover avait demandé en 1964 au bureau de New York d’« en faire quelque chose » à propos du militant (voir enquête rétrospective : https://www.cnn.com/2015/02/17/opinion/ali-malcolm-x-assassination-anniversary/index.html). Parallèlement, l’ancien détective Tony Bouza a affirmé que le New York Police Department avait joué un rôle central dans la surveillance de Malcolm X (témoignage cité : https://www.nickiswift.com/90627/nypd-investigate-sexual-assault-allegations-harvey-weinstein/).

La rétention partielle de dossiers par le NYPD alimente encore les soupçons : le département a refusé de rendre publics certains fichiers de surveillance, selon des enquêtes journalistiques (https://www.theguardian.com/us-news/2015/feb/21/malcolm-x-assassination-records-nypd-investigation). Plus récemment, la famille de Malcolm X a rendu publique une lettre attribuée à un ancien policier new-yorkais, Raymond A. Wood, dans laquelle il affirmait que le NYPD et le FBI avaient conspiré pour éliminer le militant — allégation rapportée par le Washington Post (https://www.washingtonpost.com/history/2021/02/22/malcolm-x-assassination-letter-nypd-fbi/). Le bureau du procureur de Manhattan a depuis rouvert l’examen des condamnations d’Aziz et d’Islam.

Ces éléments, mêlant témoignages, documents d’archives et refus partiels de divulgation, nourrissent encore aujourd’hui les débats historiques et judiciaires autour de la disparition de Malcolm X, et invitent à un réexamen rigoureux des archives et des procédures de l’époque.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire