Le Plan Secret de Nixon en Cas d’Échec du Moon Landing

par Olivier
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Le Plan Secret de Nixon en Cas d'Échec du Moon Landing
États-Unis

Catégorie : Histoire

Le plan secret de Nixon en cas d’échec du Moon Landing illustre à quel point la conquête spatiale américaine mêlait prouesse scientifique, tension politique et risque humain. Le 12 septembre 1962, John F. Kennedy électrisait l’imaginaire américain en déclarant : « Nous choisissons d’aller sur la Lune au cours de cette décennie… non pas parce que c’est facile, mais parce que c’est difficile. » En réalité, « difficile » ne suffisait même pas à décrire l’ampleur du défi.

Voyager dans l’espace, et plus encore se poser sur la Lune, relevait d’une entreprise extrêmement périlleuse. Comme l’a expliqué l’auteur Andrew Chaikin dans une interview, la fusée Saturn V d’Apollo 11 qui transporta Buzz Aldrin et Neil Armstrong en 1969 contenait « suffisamment d’énergie chimique pour équivaloir à une petite bombe atomique ». Sortir de l’orbite terrestre, puis entrer dans celle de la Lune, comportait des dangers à chaque étape. Le simple décollage pouvait déjà tourner au drame, comme l’a rappelé un article de Space.com en relatant l’incendie fatal survenu lors du test d’Apollo 1 en 1967, qui coûta la vie aux trois astronautes à bord.

John F. Kennedy n’a jamais eu à mesurer lui-même ces risques. Il avait été assassiné bien avant que son rêve de grandeur spatiale ne devienne réalité. C’est son ancien rival politique, Richard Nixon, qui fut finalement président au moment de la mission historique. S’il n’en avait qu’un rôle limité dans la planification et l’exécution, Nixon tenait à ce que le succès d’Apollo 11 soit perçu comme un succès de sa présidence. Il exigea notamment une réception présidentielle distincte des événements de la NASA et souhaita monter à bord du navire de récupération après la mission.

Cependant, même un président aussi calculateur que Nixon ne pouvait pas faire disparaître les dangers d’une mission lunaire. Il fallait donc prévoir l’impensable si le module lunaire ne pouvait pas redécoller de la surface de la Lune pour ramener les astronautes sur Terre. Dans ce scénario, Nixon devait d’abord prévenir les épouses d’Aldrin et d’Armstrong avant de s’adresser au pays. Selon le mémorandum conservant ses plans de contingence, « après la déclaration du président, au moment où la NASA met fin aux communications avec les hommes », l’adieu final aux astronautes condamnés aurait pris la forme d’une cérémonie publique proche d’un enterrement en mer.

Le discours de circonstances rédigé par le plume de Nixon, William Safire, resta longtemps dans l’ombre aux Archives nationales avant d’y réapparaître en 1999. D’une éloquence poignante, il affirmait :

  • « Le destin a voulu que les hommes qui sont allés sur la Lune pour explorer en paix y restent pour se reposer en paix. »
  • « Ces hommes courageux, Neil Armstrong et Edwin Aldrin, savent qu’il n’y a aucun espoir de les ramener. »
  • « Mais ils savent aussi qu’il y a de l’espoir pour l’humanité dans leur sacrifice. »

Heureusement, le destin avait réservé un autre dénouement à Apollo 11. Au lieu de devenir les symboles d’un échec tragique, Armstrong et Aldrin accomplirent le fameux grand pas pour l’humanité, transformant le Moon Landing en l’un des plus grands chapitres de l’histoire spatiale et de l’histoire des États-Unis.

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