Pourquoi les bâillements sont-ils si contagieux ?

par Olivier
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Pourquoi les bâillements sont-ils si contagieux ?
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Le bâillement se manifeste avant de dormir, au réveil, et même dans les moments les plus inattendus. Non, il ne s’agit pas d’un Père Noël discret qui vous observe sans cesse, mais bien d’un réflexe universel : bâiller. Et si un vieux Saint-Nicolas au regard curieux vous surprenait en train de vous préparer pour la nuit ou de sortir du sommeil, il finirait peut-être lui aussi par bâiller. Ce simple geste, que nous avons tous déjà vécu, est étonnamment contagieux. D’ailleurs, selon Psychology Today, le simple fait de lire le mot « bâillement » peut donner envie de bâiller. Mais pourquoi le corps humain réagit-il ainsi ? La science a plusieurs pistes pour expliquer ce bâillement contagieux.

Selon Live Science, ce phénomène appartient à une catégorie de comportements appelée « échophénomènes », dans laquelle une personne imite de façon réflexe ce qu’elle observe chez une autre. Cette imitation peut concerner les mots, avec « l’écholalie », ou les gestes, avec « l’échopraxie ». Dans le cas du bâillement, l’imitation est liée à une activité accrue du cortex moteur, la zone du cerveau qui contrôle aussi les mouvements orientés vers un but. Une étude publiée en 2017 a montré que la stimulation électrique du cortex moteur renforce l’envie d’imiter le bâillement d’autrui. Plus étrange encore, essayer de retenir un bâillement augmente souvent l’envie de bâiller.

Alors, le bâillement contagieux n’est-il qu’une curiosité neurologique ? La réponse n’est pas totalement claire, mais il semble étroitement lié à la capacité d’empathie. Un article publié en 2013 dans l’International Journal of Applied Basic Medical Research a relevé que les enfants atteints d’une forme d’autisme, qui altère les compétences sociales, présentent moins de bâillements contagieux que les enfants non autistes. De la même manière, les personnes souffrant de schizophrénie sont moins sensibles à ce phénomène.

Dans le prolongement de ces observations, les études de neuroimagerie montrent que les zones du cerveau liées à l’empathie s’activent aussi pendant un bâillement contagieux. Le même phénomène a été observé chez les chimpanzés, ce qui confirme en partie l’adage : « tel singe, tel singe ». Chez le chien, le bâillement peut également renseigner sur le lien émotionnel avec son maître. Même si les chiens bâillent aussi sous l’effet du stress, Live Science rapporte que des chercheurs de l’université de Tokyo ont constaté qu’en l’absence de stress, ils bâillent plus souvent lorsque leur propriétaire bâille. En d’autres termes, votre chien peut devenir un parfait imitateur.

Pour autant, l’hypothèse de l’empathie n’épuise pas le sujet. Des chercheurs de l’université Duke ont mené une étude approfondie sur le bâillement contagieux sans trouver de lien net avec l’empathie. Ils ont plutôt conclu que « l’âge était le meilleur prédicteur du bâillement contagieux, et même l’âge n’était pas si important ». Ils ont aussi noté que « l’immense majorité des variations de la réponse au bâillement contagieux restait simplement inexpliquée ». Si cette part de mystère vous laisse sur votre faim, la science, elle aussi, continue d’observer ce comportement avec fascination.

Bâillement

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