Histoire et mythe
Poursuivant l’examen historique, il faut d’emblée rappeler une vérité simple : le cheval d’Alexandre le Grand s’appelait Bucephalus. Ce nom, qui peut prêter à sourire, n’évoque pas ce que l’on imagine au premier abord ; il renvoie plutôt à une marque et à une image ancienne, loin des plaisanteries modernes.

Bucephalus nous est parvenu surtout par la voie de la légende, des poèmes et des récits antiques. Selon la version rapportée par Plutarque, le cheval, d’origine thessalienne, fut présenté au roi Philippe et jugé indomptable par la cour — trop sauvage et trop puissant pour être soumis.
Un jeune Alexandre, alors âgé d’environ treize ans, défia ce verdict. Après s’être proposé de racheter l’animal s’il échouait, il maîtrisa Bucephalus en quelques instants et le monta devant l’assemblée médusée. Ébloui, le roi aurait alors déclaré : « Trouve-toi un royaume digne de toi, car la Macédoine est trop petite pour toi. » Ce récit, symbole d’un destin grandiose, illustre à la fois le caractère romancé des sources et la place précoce d’Alexandre sur la scène politique.

Les faits avérés concernant Bucephalus restent rares et mêlés à l’hagiographie. Parmi les éléments récurrents dans les récits anciens :
- Bucephalus porta Alexandre lors de batailles célèbres, notamment à Issos et au combat de l’Hydaspe.
- On rapporte qu’il mourut vers l’âge de trente ans, ce qui correspond à une longévité avancée pour un cheval de guerre.
- En signe de deuil et d’admiration, Alexandre aurait fondé une cité en hommage à son destrier.
- Le nom « Bucephalus » signifie littéralement « tête de bœuf » en grec, en référence à une marque en forme de tête de bœuf apposée sur son flanc.
La coexistence de faits et d’embellissements littéraires explique que Bucephalus demeure à la fois une figure historique et une icône mythifiée. Cette ambivalence alimente encore aujourd’hui la curiosité des amateurs d’histoire et de culture.
