Il est communément admis que si les forces alliées avaient perdu la Seconde Guerre mondiale, les conséquences auraient été désastreuses pour l’humanité. En Allemagne, le régime nazi d’Adolf Hitler avait déjà démontré sa nature expansionniste et meurtrière, envahissant les territoires voisins et orchestrant les horreurs de l’Holocauste. Cette extermination systématique reposait sur une idéologie exposée par Hitler dans son livre Mein Kampf, prônant l’établissement d’une Allemagne racialement homogène disposant de suffisamment de « Lebensraum », ou espace vital.

La question de l’apparence du monde en cas de victoire hitlérienne fascine artistes et historiens depuis des décennies. Si le roman de Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château, explore une histoire alternative où nazis et Japonais dominent les États-Unis, la réalité historique du front de l’Est montre qu’Hitler était, à un moment donné, tout près de soumettre l’Union soviétique.
Les vastes ressources de l’URSS ont finalement inversé le cours de la guerre, menant à la chute de Berlin. Cependant, l’Opération Barbarossa, l’attaque surprise nazie contre l’Est, visait à porter un coup fatal aux Soviétiques. En cas de succès, Hitler aurait été en position de force pour dominer toute l’Europe et disposer des terres russes à sa guise.
Une purification ethnique massive de la Russie

Bien qu’il soit difficile d’imaginer l’évolution mondiale à long terme, le sort que réservait Hitler à la Russie est assez clair. Le concept de « Lebensraum », théorisé par l’ethnographe Friedrich Ratzel au début du XXe siècle, est devenu un mot-clé de la politique nazie. Hitler, furieux du traité de Versailles qui exigeait des milliards en réparations et réduisait le territoire allemand, a adopté l’idée que pour dominer, une nation devait disposer de suffisamment d’espace pour prospérer.
Pour Hitler, le destin de l’Allemagne était de s’établir comme la nation « aryenne » dominante en Europe. Cela impliquait nécessairement une expansion vers l’Est. Si l’URSS était tombée, il est fort probable que la nation aurait subi une purification ethnique radicale. Le plan consistait à éliminer les bolchéviques, à tuer ou exiler en Sibérie les Russes jugés « indésirables », et à germaniser entièrement le territoire.
La destruction programmée de Moscou et Leningrad

La brutalité de l’occupation nazie prévue se reflète dans les détails des plans visant à soumettre l’URSS. Dans un journal de guerre daté du 8 juillet 1941, le général allemand Franz Halder notait la décision ferme du Führer de raser Moscou et Leningrad. L’objectif était de les rendre inhabitables afin de ne pas avoir à nourrir leurs populations durant l’hiver. Ces villes devaient être anéanties par l’armée de l’air, provoquant une catastrophe nationale censée priver le bolchévisme et le nationalisme moscovite de leurs centres névralgiques.
La bataille de Stalingrad, qui s’est terminée par la destruction de la ville par les nazis, donne un aperçu de ce qui aurait pu arriver aux autres métropoles russes. Cependant, l’Opération Barbarossa s’est finalement révélée être un désastre stratégique. Bien que les Soviétiques aient subi de lourdes pertes, l’hiver a surpris les Allemands, mal préparés au froid extrême. En décembre 1941, une contre-offensive soviétique a repoussé les forces nazies, marquant le tournant décisif de la guerre sur le front de l’Est.
