History
Dans différentes cultures, certains nombres portent malheur. Ils sont traités avec prudence, voire évités, à cause des associations négatives qu’ils évoquent dans leur histoire et leur imaginaire collectif. Au Japon, par exemple, il n’est pas rare que des hôpitaux ou des immeubles sautent le 4e étage, passant du 3e au 5e, car le chiffre 4 se prononce comme le mot « mort ». Le 49 est lui aussi redouté, sa sonorité rappelant une expression proche de « douleur jusqu’à la mort ». En Occident, et plus particulièrement dans la culture chrétienne, le pire de ces nombres reste le 666, le célèbre nombre du diable.
La véritable origine du nombre du diable 666
Tout comme le chiffre 4 au Japon et dans plusieurs pays d’Asie de l’Est, le triple 6 possède une explication sombre. Selon l’Université de Chicago, l’association entre Satan et le 666 remonte à l’époque de l’empereur Néron, au moment de l’incendie de Rome en l’an 64 de notre ère. Néron n’a pas joué du violon pendant que Rome brûlait, simplement parce que cet instrument n’existait pas encore dans la Rome antique, comme l’a rappelé History. Mais beaucoup de Romains pensaient qu’il avait d’une autre manière « manœuvré » pour provoquer l’incendie de la ville. Le feu dura six jours, avant de se rallumer de façon suspecte, et près des deux tiers de Rome furent détruits, avec d’innombrables vies perdues.

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Néron, le véritable diable pour les chrétiens
Qu’il ait été ou non l’auteur de l’incendie, Néron fut le premier empereur à persécuter les chrétiens, qu’il accusa d’ailleurs d’être responsables du brasier. On pense aussi qu’il aurait ordonné l’exécution des apôtres Paul et Pierre. Peu à peu, les chrétiens en vinrent à voir l’empereur comme l’Antéchrist. Après sa mort en 68 de notre ère, beaucoup affirmèrent qu’« il n’était pas mort et qu’il reviendrait un jour ». Avec le temps, la peur d’un « Néron zombie » s’est atténuée, et il est devenu la Bête de la mer, souvent confondue avec l’Antéchrist, dans l’Apocalypse que l’on connaît aujourd’hui.

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666, le code du véritable diable
Néron n’est pas nommé directement dans l’Apocalypse, mais évoqué à travers un message codé. Jean écrit : « Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête, car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. » Dans la tradition hébraïque, comme en grec, les lettres correspondent aussi à des nombres. Même si le message a été rédigé en grec, l’encodage repose sur des valeurs numériques hébraïques. Ainsi, lorsque l’orthographe grecque de Néron est transposée en lettres hébraïques, on obtient 666.

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