Dragon de Komodo : pourquoi ce lézard géant est-il menacé ?

par Olivier
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Dragon de Komodo : pourquoi ce lézard géant est-il menacé ?
Nature

Le dragon de Komodo (Varanus komodoensis) détient le titre de plus grand lézard vivant sur la planète. Cependant, cette stature impressionnante s’accompagne d’une grande vulnérabilité. L’espèce ne se trouve à l’état naturel que sur cinq îles indonésiennes : Komodo, Rinca, Gili Motang, Gili Dasami et Florès. Cette aire de répartition figure parmi les plus restreintes pour un grand carnivore.

Classé « Vulnérable » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ce reptile a vu sa population diminuer considérablement au cours des dernières décennies. Ce déclin est intrinsèquement lié à la réduction de son habitat, grignoté par l’agriculture, l’urbanisation et le développement des infrastructures touristiques. La raréfaction du cerf rusa, sa proie principale, accentue la pression sur la survie de l’espèce.

Une protection confrontée aux activités humaines

Bien que protégé par la législation indonésienne depuis les années 1930 et bénéficiant du Parc national de Komodo depuis 1980, le varan reste en danger. Cette zone protégée s’étend sur moins de 1 000 km² et ne couvre pas l’intégralité de son territoire historique.

Environ 2 000 dragons vivent en dehors des limites du parc, majoritairement sur l’île de Florès, où ils doivent cohabiter avec près de deux millions d’habitants. Dans ces secteurs non protégés, la déforestation, les incendies d’origine humaine et le braconnage des cervidés menacent directement les populations de lézards. Par le passé, ces facteurs ont déjà provoqué l’extinction locale de l’animal sur l’île de Padar dans les années 1970.

Des risques climatiques et géologiques grandissants

Le dragon de Komodo évolue au cœur d’une des régions volcaniques les plus actives du monde. Les séismes et les éruptions constituent un danger naturel permanent pour ces populations géographiquement isolées. À ce contexte géologique s’ajoute une menace plus récente : le changement climatique.

La majorité de ces reptiles réside à basse altitude, souvent en dessous de 800 mètres, dans des savanes sèches et des zones côtières particulièrement vulnérables à la montée du niveau des océans. Contrairement à d’autres espèces, leur insularité les empêche de migrer vers de nouveaux territoires. Les stratégies de conservation actuelles misent donc sur l’élargissement des zones protégées, la maîtrise de l’expansion humaine et la préservation durable des stocks de proies naturelles.

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