Chaque été, sur le littoral français, une cohabitation difficile s’installe entre les vacanciers et les goélands. À La Baule-Escoublac ou à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, ces oiseaux sont devenus les spécialistes du vol à l’arraché, ciblant gaufres, chips et sandwichs. Face à ces nuisances, les municipalités cherchent de nouvelles solutions pour limiter la prolifération de l’espèce tout en respectant son statut protégé.
La fin d’une méthode de stérilisation contestée
Pendant des années, la stérilisation des œufs a été la solution privilégiée par de nombreuses mairies. Cette technique consiste à enduire les œufs d’une huile végétale pour empêcher l’oxygénation et donc l’éclosion. Cependant, cette pratique est de plus en plus remise en question. Le goéland étant une espèce protégée, chaque campagne nécessite une dérogation préfectorale souvent critiquée par les associations de défense des animaux.
Selon la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la population de goélands argentés a chuté de deux tiers en vingt ans. Les experts rappellent que ces oiseaux se sont rapprochés des centres-villes dès les années 1970, attirés par les décharges à ciel ouvert. Aujourd’hui, des communes comme Saint-Gilles-Croix-de-Vie abandonnent cette méthode, jugeant son efficacité limitée par rapport à son coût, estimé entre 10 000 € et 15 000 € pour une ville de 8 000 habitants.
L’effarouchement et la prévention comme alternatives
À La Baule, la municipalité a choisi d’investir plus de 20 000 € cette année dans une campagne d’effarouchement sur son avenue principale. Cette méthode utilise des buses de Harris, des rapaces pilotés par des fauconniers professionnels, pour dissuader les goélands de nicher dans les zones urbaines avant la période de reproduction. Cette approche est considérée comme plus éthique car elle s’appuie sur les mécanismes naturels de la biodiversité.
D’autres communes misent désormais sur la responsabilité des habitants et des touristes pour réduire les interactions conflictuelles. Les recommandations des autorités locales sont claires :
- Conserver les déchets dans des contenants fermés.
- Retirer les nids potentiels sur les toitures avant la période hivernale.
- Ne jamais nourrir les goélands pour éviter qu’ils ne s’habituent à la présence humaine.
Si la cohabitation reste un défi, notamment durant la période estivale, ces nouvelles stratégies marquent un tournant vers une gestion plus durable et préventive de la faune littorale.
