Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé son intention de demander officiellement à l’Union européenne de suspendre son accord d’association avec Israël. Lors d’un rassemblement électoral en Andalousie, le chef du gouvernement a justifié cette démarche en affirmant que le gouvernement israélien viole le droit international dans le cadre du conflit au Moyen-Orient.
Une vive réaction de la diplomatie israélienne
Cette prise de position a immédiatement provoqué une réaction tendue de la part d’Israël. Gideon Saar, le chef de la diplomatie israélienne, a fustigé sur les réseaux sociaux ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » de la part du gouvernement espagnol. Il a accusé Madrid de propager l’antisémitisme tout en entretenant des relations avec des régimes qu’il juge totalitaires, citant notamment la Turquie de Recep Tayyip Erdogan et le Venezuela de Nicolas Maduro.
Le ministre israélien a également souligné que le gouvernement de Pedro Sánchez recevait, selon lui, les remerciements du régime iranien et d’organisations terroristes pour ses positions diplomatiques actuelles en faveur d’une rupture des accords commerciaux et politiques.
Un accord sous surveillance depuis 2024
L’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, en vigueur depuis l’an 2000, repose sur une clause spécifique subordonnant la relation au respect des droits de l’homme. La remise en question de ce texte par Madrid n’est pas une initiative isolée. Dès février 2024, l’Espagne et l’Irlande avaient déjà sollicité une évaluation de la Commission européenne concernant le respect par Israël de ses obligations internationales depuis le début de la guerre à Gaza.
La pression diplomatique s’est accentuée avec l’évolution du conflit, notamment au Liban. Une nouvelle lettre, signée par l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie, a été transmise à la Commission pour demander que cet accord soit officiellement examiné lors de la prochaine réunion du Conseil des Affaires étrangères de l’UE.
