GlossaireDevenir membre

Politique · Dossier 39136 France

Réintroduction des néonicotinoïdes : débat enflamme l’Assemblée

Les députés français votent pour la réintroduction de pesticides toxiques, suscitant un vif débat sur l'agriculture et l'environnement.

Ma liste

Lieu
France
Rubrique
Politique
Lecture
2 min
Chapitres
2

20 Minutes avec AFP

Interdit en France mais encore autorisé dans plusieurs pays européens, le recours aux insecticides de la famille des néonicotinoïdes provoque un vif débat. Mercredi, la commission des Affaires économiques a donné son aval à la réintroduction dérogatoire de l’acétamipride, un pesticide particulièrement nocif pour les pollinisateurs. Cette mesure s’inscrit dans la proposition de loi émanant du Sénat, visant à « lever les contraintes » pesant sur le métier d’agriculteur, dont le débat est prévu à l’Assemblée nationale fin mai.

L’acétamipride est interdit en France depuis 2018, mais reste en usage dans plusieurs États membres jusqu’en 2033, notamment sur des cultures comme la betterave ou la noisette. La commission a validé son autorisation, limitée à une durée de trois ans et sous forme de dérogation, pour certaines filières en situation critique. Cette réintroduction conditionne l’engagement des filières concernées dans un plan de recherche d’alternatives.

Oppositions et controverses autour des néonicotinoïdes

Cette décision a suscité une protestation unanime des députés de gauche, qui dénoncent un net retour en arrière et une menace pour la santé publique. La députée de La France Insoumise, Mathilde Hignet, a qualifié ces pesticides de « tueurs d’abeilles », soulignant leur impact catastrophique sur la biodiversité, la santé des agriculteurs et des riverains. À l’inverse, le rapporteur du texte, Julien Dive (LR), défend cette mesure comme une réponse ciblée et ponctuelle, indispensable pour une filière qui n’a pas d’alternatives et qui subit une concurrence désavantageuse avec ses homologues européens.

Par ailleurs, les députés du Rassemblement national ont tenté une levée totale de l’interdiction, sans succès. Ce projet, soutenu par la droite et l’extrême droite mais rejeté par la gauche, divise particulièrement les députés du centre, partagés entre les revendications du monde agricole et les préoccupations environnementales et sanitaires.

Défense de l’indépendance scientifique face aux pressions politiques

Plus tôt dans les débats, les députés du centre ont également rejeté plusieurs dispositions proposées pour contraindre l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Une mesure controversée aurait imposé à cette agence de prioriser l’évaluation des pesticides selon un ordre défini politiquement, ce qui aurait compromis son indépendance scientifique.

Dominique Potier, député socialiste, a qualifié cette proposition de « ligne rouge », dénonçant une grave atteinte à la neutralité et à l’autonomie de l’expertise scientifique. Benoît Vallet, directeur général de l’Anses, avait annoncé lors de son audition en mars qu’il démissionnerait si ces contraintes étaient adoptées.

Pendant les échanges, le député Richard Ramos a également dénoncé des pressions exercées par la FNSEA, le principal syndicat agricole, accusé d’appeler à des actions de blocage contre certains députés.

Ce dossier vous a…

0 réactions

Réagir demande un compte gratuit. Se connecter

Obscura sépare ce qui est établi de ce qui reste discuté, et cite ses sources. Une erreur ? Signalez-la · Notre méthode

Carte de membre Obscura, formule Mécène

Abonnement sans publicité

Lisez Obscura sans publicité, carte à votre nom.

Périodicité
Formule
  • Aucune publicité (toutes les formules)
  • Votre carte de membre numérotée (toutes les formules)
  • Un sceau de fidélité qui évolue (toutes les formules)
  • Historique et factures (toutes les formules)
  • Formule libre (toutes les formules)
  • Vos réglages de lecture partout (toutes les formules)
  • Finition or (formule Mécène)
  • Le tirage PDF des dossiers (formules Mécène et Bienfaiteur)
  • Finition platine (formule Bienfaiteur)

Tout sur l’abonnement

Résiliable à tout moment · paiement sécurisé par Stripe · soit 2,49 € par mois, 5,98 € de moins que douze mensualités · soit 4,99 € par mois, 11,98 € de moins que douze mensualités · soit 9,99 € par mois, 23,98 € de moins que douze mensualités

La discussion 0

Connectez-vous pour participer à la discussion, voter et répondre. Le compte est gratuit.

Se connecterCréer un compte

    Aucun commentaire pour l’instant. Une précision ou une question aidera les prochains lecteurs.