Votre chien peut être le plus attendrissant, le plus intelligent et, bien sûr, le meilleur compagnon du monde. Mais côté vitesse, la réalité statistique est moins flatteuse : après des générations de sélection, ce n’est probablement pas lui qui décrocherait la palme. L’élevage sélectif a façonné des chiens capables d’exploits impressionnants, et parmi eux, un nom s’impose immédiatement dans l’histoire du Greyhound.

Sans grande surprise, le Greyhound arrive en tête des races de chiens les plus rapides au monde. Depuis des millénaires, l’être humain l’a sélectionné dans un objectif très précis : transformer un descendant du loup en véritable machine de course. Son corps aérodynamique, sa tête étroite et son allure taillée pour l’accélération lui permettent d’atteindre plus de 64 km/h, selon Pet Central. Le paradoxe est savoureux : le chien le plus rapide du monde a aussi donné son nom à l’un des moyens de transport les plus lents, peut-être parce qu’un bus rappelle parfois, par l’odeur, un animal bien moins élégant.
Le Greyhound existe depuis des siècles, et son goût pour la vitesse ne date pas d’hier. À l’image du guépard, ou de Ricky Bobby, il semble né pour courir. Dans le Book of St. Albans, au XVe siècle, l’idéal de cette race de chien de course était décrit avec une précision presque poétique : « Un Greyhound devrait avoir la tête d’un serpent, le cou d’un canard, le dos d’une poutre, les flancs d’une brème, les pieds d’un chat et la queue d’un rat. » Une formule surprenante, mais qui résume bien la logique de la sélection canine à travers l’histoire ; au passage, une brème est un poisson.
Aujourd’hui, l’avenir du Greyhound suscite le débat, car la course de chiens a perdu en popularité. Aux États-Unis, onze des dix-sept pistes encore en activité devaient fermer d’ici 2021, dans un contexte marqué notamment par la décision de la Floride d’interdire ce sport. Reste à savoir quelle place conservera, dans notre culture, un chien capable d’aller plus vite que bien des cyclistes urbains. L’histoire du Greyhound montre en tout cas comment la science de l’élevage, le spectacle et la vitesse se croisent au fil du temps.
