Que risquez-vous en tuant un aigle à tête blanche ?

par Olivier
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Que risquez-vous en tuant un aigle à tête blanche ?
États-Unis

Voici ce qui se passe si vous tuez un aigle à tête blanche

Benjamin Franklin aurait sans doute préféré voir la dinde devenir l’emblème des États-Unis, et non l’aigle à tête blanche. Comme l’explique le Ben Franklin Institute, Franklin estimait que la dinde, mascotte officielle de Thanksgiving, était un symbole bien plus digne de l’Amérique. Dans une lettre adressée à sa fille, il louait cet oiseau comme « un oiseau bien plus respectable » que l’aigle à tête blanche, qu’il décrivait au contraire comme « un oiseau de mauvais caractère moral ». Selon lui, l’aigle ne gagnait pas sa vie honnêtement : il volait le poisson de l’épervier pêcheur, travailleur et persévérant, et se comportait comme « un lâche de bas étage », laissant de plus petits oiseaux le malmener.

Malgré le mépris de Franklin, le destin a tourné en faveur de l’aigle à tête blanche, devenu le grand oiseau national des États-Unis et bénéficiant d’une protection juridique renforcée. De son côté, la dinde, aussi savoureuse que patriotique, n’a pas échappé à son sort. Pour mémoire, Benjamin Franklin doit sans doute se retourner dans sa tombe à l’idée que l’emblème qu’il jugeait indigne ait fini au sommet de la hiérarchie symbolique américaine. Mais au-delà de l’ironie historique, une question demeure : que risque réellement une personne qui tuerait un aigle à tête blanche ?

Voici pourquoi cet acte est un crime grave aux États-Unis :

Aigle à tête blanche
Bruce Bennett/Getty Images

Si vous tuez un aigle à tête blanche, il vous faudra ironiquement un avocat pour vous sauver. Selon le U.S. Fish and Wildlife Service, le Bald and Golden Eagle Protection Act de 1940 fait de la mise à mort, de la capture, de la blessure ou du dérangement volontaire de ces oiseaux, ainsi que de leurs œufs et de leurs nids, une infraction pénale. La loi interdit notamment de « tirer, tirer sur, empoisonner, blesser, tuer, capturer, piéger, collecter, importuner ou déranger » l’espèce.

En 1972, la législation a été durcie. Pour une première infraction civile, la sanction peut atteindre 5 000 dollars d’amende et un an d’emprisonnement. Si l’acte est répété, la peine grimpe à 10 000 dollars et jusqu’à deux ans de prison. En cas de condamnation pour crime fédéral, l’amende peut monter à 25 000 dollars, avec une peine de deux ans d’emprisonnement. Lorsqu’une organisation est reconnue coupable de telles violations, les sanctions sont doublées.

L’aigle à tête blanche est aussi protégé par le Migratory Bird Treaty Act, un accord international conclu entre plusieurs pays pour préserver les oiseaux migrateurs. Autrement dit, même une tentative de transport illégal vers le Canada, le Mexique, la Russie ou le Japon ne rendrait pas un projet de mise à mort plus acceptable aux yeux de la loi. Pendant longtemps, l’espèce a également figuré sur la liste des espèces menacées en raison de la destruction de son habitat, des tirs illégaux et de l’impact dévastateur du pesticide DDT.

Grâce aux mesures de protection et au rétablissement de ses populations, l’aigle à tête blanche s’est relevé de ce déclin. Pour Benjamin Franklin, la conclusion aurait sans doute été amère. Pendant ce temps, les dindes restent, elles, exposées à un autre danger bien plus constant : celui d’être jugées trop appétissantes.

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