Comment les oiseaux savent où migrer ?

par Olivier
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Comment les oiseaux savent où migrer ?
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Comment les oiseaux savent où migrer ?

La migration des oiseaux demeure l’un des plus grands mystères de la nature : comment ces animaux parviennent-ils à savoir où aller quand l’hiver approche ? Si la plupart des humains tentaient de partir vers le sud sans carte ni GPS, il y a fort à parier qu’ils finiraient quelque part du côté de la Nouvelle-Écosse.

Migrating birds

Les scientifiques cherchent à percer ce secret depuis très longtemps. Même Aristote, pourtant considéré comme un esprit brillant, y a perdu son latin. D’après Mental Floss, il pensait que les oiseaux changeaient tout simplement d’espèce selon la saison. Une explication plutôt pratique, qui semblait rendre compte du remplacement apparent de certaines espèces, comme la fauvette des jardins remplacée par des atricapilles quand le temps se rafraîchit. Bref, Aristote n’avait peut-être pas réponse à tout.

Certaines espèces effectuent des trajets incroyablement longs. La sterne arctique, par exemple, parcourt environ 44 000 miles entre le Groenland et l’Antarctique. Une distance vertigineuse, bien plus impressionnante que la marche du fond d’un parking jusqu’à l’entrée d’un magasin en plein mois de janvier.

Alors, comment font-ils ? La réponse, honnêtement, reste partielle : on ne le sait pas encore complètement. En revanche, plusieurs indices sont bien établis. Les oiseaux connaissent des changements de comportement qui semblent déclenchés par des photorécepteurs dans leur cerveau. Quand les jours raccourcissent, ils mangent davantage et deviennent agités, et ce phénomène se produit même lorsqu’ils sont en cage. Mais la question essentielle demeure : comment savent-ils précisément aller ?

Une étude publiée en 1978 a montré que des oiseaux en captivité, incapables de voir le ciel, ressentaient tout de même cette agitation migratoire et préféraient voler dans la même direction que des individus non captifs de la même espèce. Les chercheurs en ont conclu qu’ils utilisaient des « repères d’orientation externes », probablement liés au champ magnétique terrestre. Une piste majeure pour comprendre le comportement animal et la science des migrations.

Reste à savoir comment ils perçoivent ce champ magnétique. Selon National Geographic, certaines espèces possèdent dans les yeux des molécules spéciales capables de détecter le champ magnétique de la Terre. Reliées aux zones cérébrales qui traitent les informations visuelles, elles permettraient aux oiseaux de voir littéralement ce champ invisible. D’autres espèces semblent utiliser d’autres stratégies : les pigeons pourraient s’appuyer sur leur odorat, tandis que certaines espèces apprennent simplement leurs routes migratoires de la génération précédente.

Les méthodes employées pour trouver la bonne direction semblent aussi dépendre de la génétique. En 2008, des chercheurs ont croisé des espèces présentant des schémas migratoires différents afin d’observer ce qui se transmet aux descendants. Le résultat fut assez révélateur : les jeunes oiseaux ont adopté une trajectoire intermédiaire entre le parcours migratoire de chacun de leurs parents. Une preuve supplémentaire que l’instinct et l’héritage biologique jouent un rôle central dans la migration des oiseaux.

Au final, nous comprenons un peu mieux chaque année ce prodige saisonnier, même si plusieurs mécanismes restent à élucider. Une chose est désormais largement écartée : l’idée que les oiseaux changeraient simplement d’espèce pour l’hiver. Désolé, Aristote.

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