Une startup japonaise, l’Institute for AIM Medicine de Tokyo, a franchi une étape décisive dans la lutte contre l’insuffisance rénale chronique chez le chat. Le fondateur de l’institut, le chercheur Toru Miyazaki, a annoncé le dépôt d’une demande d’homologation auprès du ministère de l’Agriculture japonais pour un nouveau traitement visant cette pathologie jusqu’ici incurable.
Les essais cliniques menés sur des félins ont révélé des résultats prometteurs, montrant une prolongation significative de leur espérance de vie. Selon Toru Miyazaki, la majorité des chats développent une maladie rénale chronique au cours de leur existence, et beaucoup succombent à une insuffisance terminale ou à l’urémie. Ce médicament a été conçu pour transformer cette réalité et réduire la souffrance des animaux ainsi que la charge financière de leurs propriétaires.
Une protéine pour « déboucher les tuyaux »
Le traitement repose sur l’utilisation de l’AIM, une protéine sanguine identifiée par le chercheur il y a plus de vingt ans lors de travaux à l’Institut d’immunologie de Bâle. Spécialiste en immunologie, Toru Miyazaki compare l’action de cette protéine à celle d’un agent chargé de déboucher les canalisations.
Une étude publiée dans le Veterinary Journal a suivi pendant un an onze chats traités et quinze chats non traités. Les résultats sont éloquents : le taux de survie cumulé des chats ayant reçu le traitement s’est élevé à plus de 80 %, contre seulement 20 % pour le groupe témoin.
Un projet sauvé par la solidarité des propriétaires
Le développement de ce médicament a failli s’arrêter il y a cinq ans. En pleine pandémie de Covid-19, les travaux de recherche avaient dû être interrompus faute de financements. C’est grâce à une mobilisation massive de passionnés et de propriétaires de chats que le projet a pu reprendre. Entre 2021 et 2022, une vague de dons a permis de récolter près de 300 millions de yens, soit environ 1,6 million d’euros.
L’insuffisance rénale chronique est un défi majeur pour la santé animale. Elle touche environ 40 % des chats âgés de plus de dix ans et grimpe à 80 % pour ceux dépassant les 15 ans. Jusqu’à présent, cette maladie était considérée comme progressive et sans remède définitif par les experts du Cornell Feline Health Center.
