Les Toilettes Flushent-elles Différemment dans le Monde ?

par Olivier
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Les Toilettes Flushent-elles Différemment dans le Monde ?
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* Science

La question de savoir si les toilettes se vident différemment dans l’hémisphère nord et dans l’hémisphère sud a longtemps suscité un débat étonnamment persistant. À première vue, cela peut sembler étrange : après tout, qu’est-ce qui empêcherait deux spécialistes de la dynamique des fluides, situés de part et d’autre du globe, de s’appeler pour trancher définitivement la question ? Peut-être simplement l’absence de toilettes de laboratoire suffisamment sophistiquées pour servir de référence. Quoi qu’il en soit, il aura fallu bien plus de temps que prévu pour dissiper ce sujet de science pourtant apparemment modeste. La raison tient à un principe bien réel de physique, rendu difficile à percevoir par un élément de fabrication des toilettes d’une simplicité déconcertante.

L’effet Coriolis influence bel et bien la trajectoire des fluides selon l’hémisphère nord ou sud. Comme l’explique National Geographic, les fluides sont affectés par la rotation de notre planète. Imaginez une orange qui tourne horizontalement vers la droite. Si vous la regardez d’en haut — ou du nord, dans le cas de la Terre — elle semble tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Si vous changez de point de vue et l’observez par en dessous — autrement dit depuis le sud — la même orange tournera cette fois dans le sens des aiguilles d’une montre. L’eau sur notre planète subit le même type d’influence. Ainsi, selon l’hémisphère, les mouvements peuvent être déviés dans un sens ou dans l’autre. En théorie, c’est pour cette raison qu’une toilette devrait, en l’absence de toute autre force, se vider en sens opposé selon l’endroit où elle se trouve — et qu’elle ne le ferait pas si la Terre était plate.

L’effet Coriolis existe donc bien dans le monde réel — mais seulement jusqu’à un certain point. Selon un article de MIT Technology Review, un professeur de génie mécanique nommé Ascher Shapiro a mené en 1962 une expérience destinée à montrer comment cet effet pouvait agir sur de petites masses d’eau. Il a rempli une grande cuve à fond plat, l’a recouverte pour éviter toute perturbation liée à l’air, puis a soigneusement नियंत्रé la température de la pièce afin d’écarter l’influence d’écarts thermiques. Ensuite, il a laissé l’eau se vider très lentement. Au bout de 15 minutes, l’eau a commencé à tourner doucement. Shapiro avait ainsi démontré, dans des conditions expérimentales, l’influence de l’effet Coriolis sur l’écoulement de l’eau. Dans des conditions parfaitement maîtrisées, des toilettes de laboratoire à Sydney et à Seattle se videraient effectivement dans des directions opposées — si l’eau s’écoulait très lentement, si l’orifice d’évacuation était placé au centre du bassin, et si l’eau restait totalement immobile, sans subir d’autres forces extérieures.

Et cela fait beaucoup de conditions à réunir. Il va presque de soi que les vraies toilettes ne remplissent aucun de ces critères. Les particularités des toilettes à travers le monde peuvent être fascinantes, mais lorsqu’il s’agit de l’effet Coriolis, celui-ci est tout simplement trop faible pour produire un impact visible sur votre fidèle trône de porcelaine. Comme le rappelle Live Science, le sens d’évacuation est déterminé par une variable bien plus simple — et bien moins spectaculaire : la direction dans laquelle le fabricant a orienté les jets d’eau. Une théorie de plus qui s’est donc dissipée… dans les canalisations.

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