* Science
Que se passe-t-il si vous touchez une grenouille au venin bleu ?
Par Jim Dykstra — Mis à jour le 18 oct. 2021 à 12 h 35 (EST)
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Le contact physique avec les grenouilles et les crapauds nourrit depuis longtemps les légendes, entre récits de mort violente et douloureuse et histoires de voyages psychédéliques déclenchés en léchant un crapaud. En réalité, ces deux scénarios existent bel et bien, mais seulement chez une petite partie des plus de 6 500 espèces de grenouilles et de crapauds. Et, surtout, ce ne sont pas des expériences à rechercher : pour les humains, grenouilles et crapauds ont déjà assez de problèmes à gérer sans être manipulés par des imprudents en quête de sensations fortes.
La grenouille flèche empoisonnée bleue est un excellent exemple de réalité souvent exagérée. Oui, elle est bel et bien toxique, selon iNaturalist, et elle peut être très dangereuse si elle est consommée. Il faut même considérer qu’en manger une pourrait être mortel. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une simple touche, la situation est différente : son venin ne semble pas provoquer une mort immédiate. En cas de manipulation brutale, ses toxines peuvent plutôt causer « douleur, crampes et raideur ».
Cette toxicité si particulière continue d’intriguer les scientifiques, car la grenouille poison dart reste l’un des exemples les plus fascinants de la toxicité animale dans le monde naturel. Chez cette espèce, le danger ne tient pas seulement à la présence du poison, mais aussi à la manière dont il est acquis et conservé dans l’organisme.
Le mystère fascinant de la toxicité des grenouilles flèches empoisonnées
Avant d’aller plus loin, il faut le dire clairement : cette information ne doit en aucun cas être interprétée comme une invitation à toucher des grenouilles. Il ne faut jamais prendre de risque avec un animal dont on n’est pas absolument certain de la dangerosité. Une simple coupure dans la paume peut suffire à faire basculer une situation anodine en accident grave. À moins d’être herpétologue de métier, mieux vaut garder ses mains loin des grenouilles.
C’est d’autant plus important que, même parmi les herpétologues, beaucoup de choses restent à découvrir sur les quelque 170 espèces de grenouilles flèches empoisonnées, notamment sur la façon précise dont elles maintiennent leur toxicité. La meilleure hypothèse actuelle est qu’elles tirent une partie de leurs toxines des insectes qu’elles consomment, en particulier des fourmis. Lorsqu’elles sont élevées en captivité et que leur régime alimentaire change, elles perdent d’ailleurs une partie de leurs propriétés toxiques, selon la BBC.
Selon Animal Diversity, les grenouilles flèches empoisonnées bleues ne sont d’ailleurs pas réellement utilisées pour empoisonner les pointes de flèches. Cet usage, particulièrement redoutable, était réservé à la grenouille dorée, encore plus mortelle. En revanche, elles auraient été associées à une autre pratique : on les frottait sur la peau nue de perroquets verts à plumes arrachées afin que leur plumage repousse rouge, une transformation visuelle saisissante lorsqu’il redevenait complet.
En résumé, manger une grenouille flèche empoisonnée bleue serait très probablement fatal, tandis qu’un simple contact ne tuerait pas forcément sur le coup. Mais il ne faut en aucun cas manipuler cet animal, ni pour votre sécurité, ni pour la sienne. Le meilleur réflexe reste de contribuer à la préservation de ces amphibiens fascinants, afin que les générations futures puissent continuer à admirer leurs couleurs éclatantes dans la nature.
