* Histoire
La vérité derrière la mort de Cléopâtre
Par Tom Meisfjord — Mis à jour le 16 décembre 2020 à 12 h 35 EST

Dans l’acte V, scène 2 de Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare, la reine du Nil s’empare d’une aspic, un serpent extrêmement venimeux originaire d’Égypte. « Ô poignard aspic », dit-elle, « voici ton fourreau. Repose là et laisse-moi mourir. » Ainsi s’acheva le règne de Cléopâtre : de façon dramatique, emblématique, et en pentamètres iambiques.
Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, la dernière reine du royaume ptolémaïque d’Égypte n’est peut-être pas morte exactement comme l’a décrit, bien plus tard, un célèbre dramaturge anglais au tempérament théâtral. La vérité semble plus opaque, et plusieurs théories s’affrontent selon les sources et les historiens.
La mort de Cléopâtre et le poids de l’histoire
Si l’histoire ancienne reste souvent difficile à démêler, la plupart des historiens s’accordent toutefois sur un point : Cléopâtre serait morte le 12 août 30 av. J.-C., ou aux alentours de cette date. Il est généralement admis qu’elle s’est donné la mort, mais les témoignages de première main sont rares, et la méthode exacte de son décès demeure incertaine.
Les hypothèses se sont néanmoins resserrées. Certaines versions racontent qu’un aspic aurait été apporté dans ses appartements, et qu’elle l’aurait appliqué à sa peau jusqu’à succomber à ce que certains décrivent, avec un humour médical discutable, comme une mort provoquée par une forte quantité de venin de serpent dans l’organisme. D’autres théories évoquent plutôt une injection de poison à l’aide d’une aiguille ou d’une épingle à cheveux.
Une conjecture particulièrement macabre, attribuée au médecin romain Aelius Galenus et reprise par Philip Wexler, avance même qu’elle se serait ouverte le bras pour y introduire un poison par la plaie ainsi créée. À ce jour, tout cela reste difficile à confirmer, d’autant que le tombeau de Cléopâtre n’a jamais été retrouvé.
Ajoutez à cela des siècles de dramatisation autour de la célèbre reine d’Égypte, et il devient possible que l’on ne sache jamais avec certitude ce qui s’est réellement passé. Une chose, en revanche, paraît indiscutable : Cléopâtre fascinait bien au-delà de son époque. On raconte qu’elle aurait un jour dépensé l’équivalent de plus de 10 millions de dollars pour un simple repas afin de prouver qu’elle en avait les moyens, avant de dissoudre une grosse perle dans du vinaigre et de la boire. Cléopâtre, toujours plus éclatante que son mythe.
