Au moins onze scientifiques et anciens responsables américains ayant eu accès à des informations sensibles — au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, à Los Alamos, au MIT, à Caltech ou dans l’US Air Force — sont morts dans des circonstances inexpliquées ou ont disparu entre 2022 et 2026. Depuis avril 2026, le FBI, le Congrès et la Maison Blanche enquêtent officiellement, sans avoir établi à ce stade de lien entre les différents dossiers.
L’enquête officielle : ce qui est réellement en cours
Le directeur du FBI Kash Patel a confirmé fin avril 2026 que son agence cherchait d’éventuels « liens » entre les disparitions et décès de scientifiques américains, « y compris des liens avec un accès classifié ou avec des acteurs étrangers ». Le FBI indique travailler avec le Department of Energy, le Department of War (Pentagone) et les polices locales et étatiques. À la Maison Blanche, on rappelle que « plusieurs services de l’administration Trump sont impliqués, dont le FBI, le DOE, le DOW et d’autres ».
Côté parlementaire, la commission de surveillance de la Chambre des représentants — présidée par le républicain James Comer — a elle aussi ouvert une enquête. Des demandes officielles de briefing ont été envoyées le 20 avril 2026 au FBI, à la NASA, au Department of Energy et au Department of Defense, avec un délai au 27 avril. Donald Trump lui-même a qualifié la situation de « pretty serious stuff » sur Fox News le 16 avril 2026, tout en espérant « que ce n’est qu’une coïncidence ».
Onze cas, profils variés, sur quatre ans
| Personne | Âge | Institution / profil | Date et statut |
|---|---|---|---|
| Amy Eskridge | 34 ans | Chercheuse en propulsion expérimentale, Alabama | Décédée par balle le 11 juin 2022 (classée, réouverte) |
| Michael David Hicks | 59 ans | Physicien, Jet Propulsion Laboratory (NASA) | Décédé le 30 juillet 2023, cause non communiquée |
| Frank Maiwald | 61 ans | Chercheur, Jet Propulsion Laboratory (NASA) | Décédé en 2024, cause non communiquée |
| Anthony Chavez | 79 ans | Employé retraité, Los Alamos | Disparu le 4 mai 2025 à pied depuis son domicile |
| Melissa Casias | 53 ans | Assistante administrative, Los Alamos | Disparue le 26 juin 2025 sur une autoroute |
| Monica Jacinto Reza | 60 ans | Ingénieure moteurs de fusée, JPL | Disparue le 22 juin 2025 en randonnée (Californie) |
| Steven Garcia | 48 ans | Sous-traitant gouvernemental habilité | Disparu en août 2025 depuis son domicile |
| Nuno Loureiro | 47 ans | Professeur de génie nucléaire, MIT | Abattu près de Boston le 15 décembre 2025 |
| Carl Grillmair | 47 ans | Astrophysicien, Caltech | Tué devant son domicile en février 2026 |
| Jason Thomas | 45 ans | Chercheur en pharmacie | Retrouvé dans un lac du Massachusetts en mars 2026 (disparu 3 mois plus tôt) |
| William « Neil » McCasland | 68 ans | Général à la retraite de l’US Air Force, ex-Wright-Patterson | Disparu le 27 février 2026 à Albuquerque |
Le cas le plus commenté reste celui du général McCasland : ancien commandant de la base aérienne de Wright-Patterson — célèbre dans la culture populaire pour avoir soi-disant abrité des débris extraterrestres — il a quitté son domicile d’Albuquerque à pied, sans téléphone ni lunettes, et n’a plus jamais donné signe de vie. Sa famille a pris la parole sur Facebook pour couper court aux spéculations : « Il est vrai que Neil a eu un bref lien avec la communauté ufologique. Ce lien ne justifie en rien l’enlèvement de Neil », a écrit son épouse Susan McCasland Wilkerson.
Ce que disent (et ne disent pas) les agences
Le Pentagone a répondu au Congrès n’avoir « aucune enquête nationale de sécurité active » sur des personnes disparues titulaires d’une habilitation classifiée, tout en laissant plusieurs questions ouvertes. La NASA a affirmé de son côté qu’aucun élément lié à l’agence « n’indique actuellement une menace pour la sécurité nationale ». Le FBI précise que son travail consiste d’abord à « collecter localement les éléments » (qu’il s’agisse d’homicides ou de disparitions) avant de chercher d’éventuels points communs. « Nous avons commencé ce processus la semaine dernière, et nous allons chercher des liens, qu’il s’agisse d’un accès classifié ou d’acteurs étrangers », a résumé Patel.
Pourquoi l’hypothèse d’un plan coordonné ne tient pas pour l’instant
Plusieurs éléments invitent à la prudence. Le démocrate James Walkinshaw, également membre de la commission de surveillance, a déclaré sur CNN qu’un adversaire étranger « ne pourrait pas affaiblir de manière significative » le programme nucléaire américain « en ciblant dix personnes ». Les contextes varient fortement d’un cas à l’autre : une mort par arme à feu jugée probablement suicidaire, des disparitions en randonnée, des homicides locaux. Aucune autorité n’a, à ce stade, établi de lien officiel entre les dossiers — ce que rappellent aussi bien la NASA que le Pentagone dans leurs réponses au Congrès.
Reste la méthode : un sujet qui a généré une intense spéculation en ligne aux États-Unis, et que les autorités américaines prennent désormais au sérieux par la voie institutionnelle classique — pas par la voie du secret. Le FBI a promis de rendre publiques ses conclusions « en raison de l’importance publique considérable » de l’affaire.
Pour le contexte américain récent sur la déclassification officielle des dossiers sensibles et la chaîne AARO/Pentagone/Congrès, voir aussi nos articles sur la troisième salve de fichiers UAP déclassifiés et sur ce que les dossiers du Pentagone disent vraiment.






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