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Le plus grand singe du monde
Par A. C. Grimes — Mis à jour le 17 mars 2023 à 16 h 01

De manière générale, chez les primates, la taille compte. Une étude publiée en 2019 dans Animal Behavior a montré que, chez un groupe de gorilles des montagnes, un gabarit plus imposant « aide les mâles à atteindre et conserver une domination élevée » ; et si la taille n’était pas le seul facteur, elle en était sans doute « la composante la plus importante ». Selon le Amboseli Baboon Research Project, les mâles babouins « dominent tous ceux qui sont plus petits qu’eux ». La taille joue aussi un rôle chez les humains : en 2004, l’American Psychological Association a rapporté que les personnes plus grandes gagnent souvent davantage, surtout dans les métiers fondés sur l’interaction sociale. Et Psychology Today rappelle que les électeurs ont tendance à préférer des dirigeants de grande taille.
Si l’on retenait la taille comme critère principal, et que les humains devaient élire un souverain primate de l’univers, le choix évident serait King Kong, suivi de son cousin interespèces, Donkey Kong. Mais si la mission consistait à désigner un roi des singes, il faudrait d’abord identifier l’espèce de singe la plus grande. C’est là que le mandrill entre en scène.
Les mandrills sont des géants aux drôles de mœurs

Le plus grand singe de la planète est le mandrill. Selon le Columbus Zoo, les mâles peuvent atteindre environ 81 centimètres de long, pour un poids de 27 à 45 kilos, tandis que les femelles mesurent jusqu’à 56 centimètres et pèsent entre 16 et 23 kilos. Le zoo les classe parmi les babouins, mais tout le monde n’est pas d’accord. La National Wildlife Federation affirme que les mandrills ne sont pas génétiquement liés aux babouins. Ils seraient en réalité plus proches des drills et des mangabeys, ce qui pourrait expliquer pourquoi le mot « mandrill » ressemble à un mot-valise formé à partir de ces deux noms de singes. Autrement, on parlerait peut-être d’un « manbabouin » ou d’un « drilloun ».
Les mandrills donnent l’impression de passer leurs journées à humer des arcs-en-ciel. Leurs visages vivement colorés sont d’une beauté saisissante, et Charles Darwin comparait leurs teintes éclatantes à celles « des oiseaux les plus brillants ». Mais les mandrills sont aussi impressionnants d’une manière beaucoup moins glamour. Ces primates très sociaux se toilettent fréquemment entre eux, ce qui pose un problème lorsque les parasites s’en mêlent. Heureusement, ils ont développé une méthode efficace pour repérer les infections. Smithsonian explique que les mandrills reniflent les excréments les uns des autres, et que si l’odeur laisse penser à la présence de parasites, ils toilettent moins les membres malades du groupe. Dans le cas du mandrill, ce n’est donc pas tant « tel singe, tel imitateur » que « tel singe, telle odeur de crottes ».
