Bretagne: Qui veut travailler sur Cézembre, île bombardée

par Olivier
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Bretagne: Qui veut travailler sur Cézembre, île bombardée
France

Le Conservatoire du littoral cherche un porteur de projet pour installer une activité économique apte à accueillir les visiteurs sur l’île de Cézembre, située au large de Saint‑Malo (Ille‑et‑Vilaine). Pour cela, il a lancé un appel à manifestation d’intérêt.

La légende veut que l’île de Cézembre ait été l’un des sites les plus intensément bombardés durant la Seconde Guerre mondiale. Fortifiée par l’armée allemande en mai 1942, la plus grande île de la baie de Saint‑Malo — un îlot d’environ 10 hectares — était alors parsemée de blockhaus, tranchées et casemates. À l’été 1944, elle aurait reçu l’équivalent de 1 700 tonnes de bombes explosives, 32 bombes incendiaires et, selon les récits, 176 bombes chargées de napalm.

Ces bombardements ont laissé des traces durables : la topographie de l’île a été profondément modifiée, avec des cratères visibles un peu partout. Le risque d’engins non explosés subsiste, ce qui rend strictement interdit tout déplacement en dehors des zones autorisées. Des opérations de déminage significatives ont été menées et, en 2017, un sentier sécurisé long de 800 mètres a été ouvert pour permettre un accès limité du public.

Le repaire historique risque de fermer

Avec cet accès très restreint, l’île de Cézembre est devenue un refuge précieux pour la faune et la flore littorales. Seul un petit restaurant ouvert chaque été continuait d’accueillir des visiteurs connaisseurs. Secoué par le décès soudain de son capitaine, Franck Meslier, le « Repaire des corsaires » avait néanmoins poursuivi son activité, servant notamment des poissons cuits au barbecue dans un cadre exceptionnel.

Mais cette aventure pourrait s’achever : la convention d’occupation arrive bientôt à expiration. Le Conservatoire du littoral souhaite « identifier un porteur de projet capable de concilier accueil du public, information et sensibilisation à l’environnement littoral et à l’histoire de l’île, et développement d’une activité économique durable ».

Avant toute ouverture, des travaux seront nécessaires. « Le restaurant, c’est un peu un espace alternatif. C’est resté en stand‑by. Il va falloir le remettre aux normes », explique Daniel Cueff, vice‑président de la région Bretagne en charge de la mer et du littoral. Il ajoute que le projet devra tenir compte de la fragilité du site. Les porteurs de projet intéressés ont jusqu’au 27 février pour déposer leur dossier auprès du Conservatoire.

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