Les inexactitudes historiques d’American Horror Story

par Olivier
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Les inexactitudes historiques d'American Horror Story
États-Unis, France

Histoire

American Horror Story

American Horror Story use souvent des événements et des personnages historiques pour ancrer ses récits horrifiques dans la réalité. Cette approche rend la série plus saisissante, mais elle entraîne aussi des libertés historiques significatives. Dans les paragraphes qui suivent, on examine plusieurs inexactitudes récurrentes et ce que disent réellement les archives.

Richard Ramirez n’a jamais réussi à s’évader

Richard Ramirez

Dans la saison 9 (1984), Richard « The Night Stalker » Ramirez est inclus comme antagoniste et quitte finalement la prison grâce à un subterfuge surnaturel. La série reprend certains éléments vrais de sa vie — cambriolages, meurtres et obsession pour le satanisme — et reproduit fidèlement son arrestation publique à Los Angeles.

La réalité diverge toutefois sur un point majeur :

  • Contrairement à la fiction, Ramirez n’a jamais échappé à la prison ; il est resté dans le couloir de la mort et est décédé en détention en 2013 d’un lymphome (voir source).

Source : https://www.elle.com/culture/movies-tv/a29138182/american-horror-story-1984-richard-ramirez/

Madame Delphine LaLaurie a fui La Nouvelle-Orléans

Delphine LaLaurie

La saison Coven met en scène Delphine LaLaurie comme une aristocrate tortionnaire enfermée et enterrée vivante jusqu’à l’époque moderne. Le portrait de ses cruautés envers ses esclaves correspond à des témoignages historiques : on a découvert des souffrances et mutilations dans sa demeure.

Cependant, la série dramatise fortement sa fin :

  • En réalité, LaLaurie a pris la fuite avant d’être traduite en justice ; plusieurs sources indiquent qu’elle a quitté New Orleans et se serait réfugiée en Europe, possiblement à Paris.

Source : https://deepsouthmag.com/2014/01/15/real-madame-lalaurie-legends-american-horror-story-coven/

Anton LaVey et l’Église de Satan ne pratiquaient pas de sacrifices

Anton Lavey

La série montre Anton LaVey et des membres de l’Église de Satan effectuant un sacrifice humain lors d’une messe noire. Or LaVey a fondé une organisation qui se présente comme matérialiste et symbolique, non comme un culte de dévotion au diable.

  • Le nom « Satan » y a un sens métaphorique : il symbolise la rébellion et l’individualisme, et l’organisation est considérée comme athée plutôt que comme des adorateurs du diable.
  • Les sacrifices humains ne font pas partie des pratiques officielles de ce mouvement.

Source : https://theblast.com/c/american-horror-story-apocalypse-church-of-satan

Marie Laveau n’était pas une sorcière maléfique immortelle

Marie Laveau

La figure de Marie Laveau est transformée en antagoniste immortelle dans Coven. Bien qu’elle soit une personnalité historique majeure de la Nouvelle-Orléans et une praticienne de vodou respectée, son image a été déformée par des légendes.

  • Historiquement, Laveau était une figure de bienfaisance et une leader spirituelle : on la décrit souvent comme une femme remarquable plutôt qu’une sorcière malfaisante.
  • L’idée qu’elle soit immortelle repose sur des rumeurs préexistantes, possiblement liées à la notoriété de sa fille du même nom.

Source : https://www.bustle.com/articles/7864-fact-checking-american-horror-story-coven-and-its-historically-inspired-women

Elizabeth Short (la « Black Dahlia ») n’était pas une prostituée

Elizabeth Short

Murder House inclut le fantôme de la « Black Dahlia » et reprend plusieurs rumeurs sensationale autour de la victime, Elizabeth Short. Le crime brutal dont elle fut victime en 1947 est réel et a été largement médiatisé.

  • Les affirmations selon lesquelles Short était une prostituée ou bisexuelle ne reposent sur aucune preuve solide.
  • Son surnom « Black Dahlia » a été inventé par la presse, inspiré d’un titre de film, et non par une fleur portée dans ses cheveux.
  • La cause réelle de sa mort fut un traumatisme crânien infligé ; il s’agissait d’un meurtre prémédité, pas d’une overdose accidentelle.

Source : https://www.fbi.gov/history/famous-cases/the-black-dahlia

L’Axeman de la Nouvelle-Orléans n’était pas un être surnaturel

The Axeman of New Orleans

Un des fils narratifs de Coven évoque l’Axeman comme une entité pouvant revenir après la mort. Les faits historiques sont plus prosaïques : un tueur en série a terrorisé la ville entre 1918 et 1919 et a écrit à la presse pour réclamer du jazz.

  • Le meurtrier n’a jamais été identifié ; ses actes ont cessé après 1919.
  • Deux hypothèses principales existent : soit l’Axeman était un tueur isolé, soit il s’agissait d’un règlement de comptes lié à la mafia et aux victimes d’origine italienne.

Source : https://allthatsinteresting.com/axeman-of-new-orleans

Edward Mordrake relève davantage de la légende que d’une réalité historique

Edward Mordrake

Freak Show met en scène Edward Mordrake comme un personnage véritablement historique et surnaturel. En vérité, Mordrake est très probablement une figure mythique répandue par la presse du XIXe siècle.

  • Il existe des conditions médicales (comme la diprosopie ou des jumeaux parasitaires) pouvant expliquer l’apparence d’une seconde face, mais elles n’étayent pas la biographie fantastique de Mordrake.

Source : https://www.snopes.com/fact-check/edward-mordrake/

Valerie Solanas n’a pas fondé un culte armé

Valerie Solanas

Dans Cult, la série imagine Valerie Solanas et son manifeste SCUM comme le germe d’un mouvement terroriste organisé. Si Solanas a bien tenté de tuer Andy Warhol et a rédigé le SCUM Manifesto, la réalité de son influence est différente.

  • Le manifeste est avant tout pamphlétaire et rhétorique ; il n’existe pas de preuve qu’elle ait dirigé un groupe structuré qui aurait commis des attentats.

Source : https://www.biography.com/news/andy-warhol-valerie-solanas-shot

Anne Frank n’a pas survécu à l’Holocauste

Anne Frank/Charlotte Brown

Asylum propose une intrigue où une femme prétendant être Anne Frank aurait survécu et viendrait dénoncer un ancien médecin nazi. Ce ressort narratif joue sur l’incertitude, mais les archives sont claires :

  • Anne Frank est documentée comme étant décédée de typhus au camp de Bergen-Belsen en 1945 ; il n’existe aucune preuve crédible d’une survie.

Source : https://www.annefrank.org/en/about-us/news-and-press/news/2015/3/31/anne-franks-last-months/

Tituba et l’histoire des procès de Salem sont simplifiés

Salem witch trials

Coven lie des filiations directes entre la magie de Tituba et le vodou tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Quelques points de précision :

  • Tituba était bien une esclave accusée aux débuts des procès de Salem, mais son origine exacte n’est pas clairement documentée.
  • Le vodou traditionnel puise ses racines principalement en Afrique de l’Ouest plutôt que chez les peuples arawaks des Caraïbes, et les confessions de Tituba reflétaient surtout des représentations européennes de la sorcellerie.

Source : http://newenglandfolklore.blogspot.com/2013/10/american-horror-story-did-tituba.html

Papa Legba n’est pas le gardien de l’Enfer dans la tradition vodou

Papa Legba

La série confond Papa Legba avec des éléments associés à Baron Samedi et l’imagine comme un seigneur infernal exigeant des sacrifices humains. Dans les croyances vodou :

  • Papa Legba est un intermédiaire entre les mortels et les loa, souvent représenté en vieux bonhomme avec une canne : il ouvre la voie pour que les prières soient entendues.
  • La notion d’un « Enfer » peuplé de châtiments éternels ne correspond pas à la cosmologie vodou, qui distingue plutôt monde des esprits et monde des vivants.

Source : https://ladygeekgirl.wordpress.com/2014/03/02/oh-my-pop-culture-vodou-loa-misrepresentation-in-american-horror-story-coven-or-will-the-real-papa-legba-please-stand-up/

Scáthach n’est pas une sorcière américaine mais une figure celtique

Scáthach

Roanoke introduit Scáthach comme une sorcière anglaise ayant causé la disparition de la colonie. En réalité, Scáthach appartient aux légendes celtiques :

  • Elle est traditionnellement décrite comme une guerrière et une enseignante martiale, vénérée dans la mythologie irlandaise et écossaise, non comme une sorcière responsable d’événements en Amérique coloniale.

Source : https://screenrant.com/american-horror-story-roanoke-scathach-character-origin-explained/

Ces exemples montrent comment la série mélange habilement faits historiques et inventions dramatiques. Le résultat est souvent captivant d’un point de vue narratif, mais il invite aussi le spectateur curieux à vérifier les archives et à distinguer la fiction de l’histoire.

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