En 2019, les habitants d’une maison de Wandiligong, en Australie, ont vécu une journée pour le moins invraisemblable : une « pluie de chiots » semblait tomber du ciel. En réalité, comme l’a rapporté ABC News, il ne s’agissait que d’un seul chiot, retrouvé blessé dans leur jardin. Aucun autre animal canidé ne se trouvait à proximité, et les plaies du petit animal ressemblaient fort à des marques de serres ; l’hypothèse la plus probable était donc qu’il avait été saisi puis lâché par un aigle.
Incapables de dire s’il s’agissait d’un chien ou d’un renard, les habitants ont recueilli le chiot avant de l’emmener dans un centre de soins animaliers. Baptisé « Wandi », il a été remis sur pattes puis conduit dans un sanctuaire en attendant les résultats de son test ADN. Et ces résultats ont rendu l’affaire encore plus étonnante : le charmant Wandi s’est révélé être un pur dingo alpin, ce qui faisait de ce vagabond improvisé un représentant extrêmement rare d’une espèce en danger.

Pourquoi ce chiot dingo rare suscite-t-il autant d’intérêt ? Parce que sa découverte alimente l’espoir des défenseurs de la conservation pour deux raisons majeures. D’abord, le dingo alpin partage son habitat avec 80 % de la population humaine de l’Australie, une pression qui a fait chuter ses effectifs au point qu’ils sont aujourd’hui « très proches de l’extinction ». Ensuite, comme l’explique Australian Geographic, les dingos de pure lignée, comme Wandi, sont d’une rareté extrême, surtout sur la côte est, territoire d’origine du dingo alpin.
Le spécialiste du dingo, le Dr Ricky Spencer, de l’Université de Western Sydney, souligne que la capacité de l’espèce à se croiser avec des chiens domestiques pourrait entraîner sa disparition en moins de vingt ans. Selon lui, les dingos génétiquement purs sont déjà presque introuvables : « Nulle part sur la côte est de l’Australie, on ne peut trouver une population de dingos qui ne soit pas composée d’au moins 50 %, et parfois 80 %, de chiens domestiques. »
Pour Wandi, cette histoire dramatique ouvre pourtant sur une vie plus paisible, idéalement sans la moindre rencontre avec un aigle. Le chiot de pure race s’est très bien adapté à son sanctuaire, où il a même trouvé un compagnon de jeu du même âge. Les conservationnistes espèrent qu’il continuera à grandir dans de bonnes conditions, à cohabiter avec d’autres animaux et, peut-être un jour, à jouer un rôle important dans le renforcement de la population de dingo alpin.
