La Scientologie est reconnue légalement comme une religion exonérée d’impôts dans de nombreux pays, dont les États-Unis, selon History. À titre de comparaison, le « raélisme » bénéficie lui aussi d’une reconnaissance similaire : Time rappelle qu’il a été fondé par un ancien pilote automobile français affirmant avoir été emporté dans un vaisseau spatial par un extraterrestre à la peau verte, aux cheveux longs et aux yeux ovales, haut d’environ 1,20 m, qui lui aurait demandé d’écrire un livre révélant l’identité des aliens comme créateurs de l’humanité. Les extraterrestres l’auraient appelé Raël.
De ce point de vue, les origines et les croyances de la Scientologie ne paraissent pas si éloignées, et elles sont généralement accueillies avec scepticisme. Pourtant, contrairement au raélisme, la Scientologie a su s’imposer dans l’imaginaire collectif par un mélange de soutien de célébrités, de stratégie médiatique et de batailles juridiques très offensives. C’est aussi ce qui entretient la curiosité autour du nombre de scientologues dans le monde, un sujet souvent entouré d’opacité.
Le chiffre exact des membres de la Scientologie reste difficile à vérifier, comme beaucoup d’éléments liés à cette organisation. D’après History, les effectifs mondiaux se compteraient en « centaines de milliers », bien loin des 4,4 millions de personnes que l’Église de Scientologie affirme accueillir chaque année sur son site, dans 184 des 195 pays du monde. En 2011, Rolling Stone évoquait même des estimations comprises entre 100 000 et 200 000 adeptes à l’échelle mondiale, alors que l’organisation revendiquait alors 10 millions de fidèles.
Certains observateurs estiment que la Scientologie perd du terrain, une idée reprise dans le documentaire Going Clear, qui situerait ses rangs en dessous de 50 000 personnes selon The Atlantic. À titre d’exemple, le recensement de 2011 en Angleterre et au pays de Galles n’a compté que 2 418 personnes se déclarant scientologues, contre près de 177 000 qui se sont identifiées comme chevaliers Jedi, d’après The Guardian. Cette comparaison alimente encore davantage le doute sur les chiffres avancés par la Scientologie.
Une explication possible à cet écart pourrait se trouver dans les petites lignes du contrat signé par ceux qui rejoignent l’élite de l’organisation. Selon l’Église de Scientologie, toute personne qui intègre la Sea Org — la branche la plus exclusive de la religion — s’engage pour exactement un milliard d’années. Autrement dit, la Scientologie semble conçue pour retenir ses membres sur le très long terme, comme une sorte de piège religieux dont on ne ressort pas facilement.
