La technique militaire pour s’endormir en deux minutes

par Olivier
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La technique militaire pour s'endormir en deux minutes
États-Unis

La technique militaire du sommeil : s’endormir en deux minutes

Dans l’histoire militaire, le sommeil n’a jamais été un simple confort : c’est une question de lucidité, de survie et d’efficacité. Les armées ont longtemps compris que la privation de sommeil pouvait devenir une arme, utilisée pour affaiblir l’esprit bien plus sûrement qu’un coup porté au corps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le KGB et l’armée japonaise auraient employé cette méthode pour torturer des prisonniers de guerre, tandis que d’autres épisodes, plus récents, ont montré que le manque de sommeil restait un outil d’interrogatoire redouté. Lorsqu’un être humain privé de repos prolongé sombre dans la confusion, son jugement se dérègle, et la pensée peut se fragmenter au point de frôler la psychose.

Dans ce contexte, l’armée américaine a cherché une solution pratique pour permettre aux soldats de récupérer rapidement entre deux périodes de tension extrême. Selon la BBC et Business Insider, le commandant Bud Winter, alors officier de marine, a été chargé de concevoir une méthode de sommeil destinée aux militaires. Après avoir travaillé avec un psychologue pour améliorer les performances d’athlètes, il a mis au point une technique de relaxation qui, après six semaines d’entraînement, aurait fonctionné chez 96 % des soldats. Son atout le plus frappant reste sa rapidité : seulement deux minutes pour basculer d’un état d’alerte maximal à un sommeil presque immédiat.

Sleeping soldier

La technique militaire sommeil repose sur cinq étapes simples. D’abord, il faut adopter une position confortable, assis ou allongé, dans un endroit calme. Ensuite, on relâche progressivement les muscles du visage, puis ceux des épaules, du cou et du dos, jusqu’à sentir tout le haut du corps devenir souple et lourd. La quatrième étape consiste à détendre complètement les jambes, comme si toute tension s’éteignait d’un seul coup. La dernière étape est mentale : il faut vider l’esprit de toute idée liée au mouvement, et laisser tomber les pensées parasites.

L’objectif est d’entrer dans un état où le corps ne résiste plus au repos. Pour aider la concentration, il est conseillé d’imaginer une scène paisible, comme un hamac ou une pirogue glissant sur l’eau, ou simplement de se répéter intérieurement : « Ne pense pas », en coupant les autres idées pendant au moins dix secondes. Cette approche du sommeil rapide illustre bien comment une méthode conçue pour les soldats peut aussi parler à tous ceux qui cherchent à mieux gérer le stress, la fatigue et les nuits difficiles.

Person struggling to sleep

Pour la plupart des gens, le manque de sommeil n’a rien d’aussi dramatique que sur un champ de bataille, mais ses conséquences restent sérieuses. Comme le rappelle Business Insider, manquer de repos avant une réunion de travail ne met pas forcément une vie en danger. En revanche, prendre la route en étant épuisé peut avoir des effets dévastateurs. Le CDC a estimé qu’entre 2005 et 2009, la privation de sommeil a causé en moyenne 83 000 accidents et 886 décès par an, tout en soulignant que ces chiffres restent probablement prudents.

Le danger devient encore plus évident lorsqu’on compare la somnolence au taux d’alcoolémie. Rester éveillé pendant 18 heures équivaut approximativement à une alcoolémie de 0,05 %, et 24 heures ou davantage peuvent produire des effets comparables à un taux de 0,10 %, supérieur à la limite légale dans tous les États américains. En d’autres termes, conduire en étant privé de sommeil revient souvent à rouler avec des capacités nettement diminuées, même sans avoir bu.

Sleeping on steering wheel

C’est pourquoi cette méthode ne concerne pas seulement les militaires. Elle peut aussi intéresser les chauffeurs routiers, qui passent de longues heures sur la route et dorment souvent trop peu. Des études citées dans le texte original montrent qu’en 1997, 80 routiers américains passaient en moyenne 5,18 heures au lit par jour et dormaient réellement 4,78 heures sur une période de cinq jours. Une autre étude menée sur six mois auprès de 260 chauffeurs de Caroline du Nord a révélé qu’en 2015, 46,5 % d’entre eux dormaient moins de sept heures les jours de travail.

Les conséquences peuvent être dramatiques. En 2014, ABC a rapporté plusieurs décès liés à des conducteurs exténués, dont celui d’un chauffeur éveillé depuis 36 heures qui a mortellement heurté un employé de péage et blessé un policier d’État. La même année, l’accident impliquant un camion Walmart a grièvement blessé Tracy Morgan et coûté la vie à son ami James « Jimmy Mack » McNair ; selon Rolling Stone, le conducteur était resté éveillé plus de 28 heures. Dans ce type de situation, la technique militaire sommeil apparaît comme un savoir utile, à la frontière de la santé, de la sécurité routière et de la science du repos.

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