Pourquoi le quartier de Jeff Bezos et Bill Gates est en difficulté

par Olivier
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Pourquoi le quartier de Jeff Bezos et Bill Gates est en difficulté
États-Unis

Pour bien comprendre ce dossier sur Medina, Washington, il faut regarder au-delà du prestige de ses habitants les plus célèbres. En 2018, Business Insider indiquait qu’au moins sept milliardaires vivaient dans les banlieues de Seattle. Parmi eux figurent deux des hommes les plus riches de la planète : Jeff Bezos, patron d’Amazon, et Bill Gates, le milliardaire dont le prénom est devenu presque synonyme de fortune colossale. Avec une richesse dépassant chacun les 100 milliards de dollars, ils habitent à moins d’un mile l’un de l’autre à Medina. À première vue, ce nom pourrait évoquer quelque chose de branché ou d’aisé, mais la réalité financière de cette ville est bien moins flatteuse.

Voici l’image associée à cette histoire :

Jeff Bezos et Bill Gates

Les voisins les plus riches d’un quartier pourtant sous pression

Imaginer que Medina manque d’argent paraît presque absurde quand on sait qui y réside. Bill Gates pourrait à peine épuiser sa fortune en une vie entière, même en multipliant les investissements les plus extravagants. Quant à Jeff Bezos, il gagne sans doute davantage en restant assis quelques minutes qu’une personne ordinaire n’en gagnera en plusieurs décennies. Pourtant, les chiffres montrent une autre réalité : selon CNBC, la valeur médiane d’une maison à Medina atteignait 2,77 millions de dollars, et le revenu médian en 2017 s’élevait à 186 464 dollars, soit plus de trois fois la moyenne nationale américaine.

En juin 2019, Medina était même présentée comme le septième code postal le plus riche des États-Unis. Malgré cela, le Seattle Times rapportait que la ville devait affronter un déficit budgétaire de 8 % en 2020, suivi d’un manque à gagner encore plus important par la suite. Une telle situation rend le financement de services essentiels, comme la police et les pompiers, de plus en plus difficile.

Tout se joue dans les taxes, ou plutôt dans leur absence

Pour comprendre cette crise financière locale, il suffit de suivre l’argent. Le problème tient en grande partie au système fiscal de l’État de Washington, qui est particulièrement contraignant pour les municipalités. CNBC explique que l’État ne prélève ni impôt sur le revenu des particuliers ni impôt sur les sociétés, et que la loi empêche les gouvernements locaux d’augmenter les taxes foncières de plus de 1 % par an, sauf si les habitants votent en faveur d’une hausse.

À Medina, les résidents paient donc un taux fixe sur leur propriété, ce qui ne rapporte qu’environ 2,8 millions de dollars par an à la ville. Une hausse de 1 % ne représenterait qu’un gain supplémentaire de 28 000 dollars en 2020, une somme dérisoire à l’échelle des besoins municipaux. Autrement dit, à moins que les habitants les plus fortunés n’acceptent d’augmenter nettement leurs propres taxes foncières, Medina Washington risque de voir son équilibre budgétaire se dégrader année après année.

Ce cas illustre un paradoxe bien réel : dans une banlieue où vivent des milliardaires comme Jeff Bezos et Bill Gates, la richesse privée ne suffit pas à garantir la stabilité des finances publiques. Et c’est précisément là que le sujet prend toute sa dimension, entre fiscalité locale, inégalités de ressources et fragilité des services de proximité.

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