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Le serpent de mer est classique, mais toujours efficace : une héritière éblouissante entre dans un club, drapée de diamants et de perles. Autour d’elle, des admirateurs empressés se précipitent pour lui prendre son manteau de vison jusqu’aux chevilles. L’un allume sa cigarette. Un autre reçoit en main son précieux animal de compagnie, une tortue. Très vite, la rumeur enfle sous un flot de murmures fascinés : « J’adore cette tortue. » « Où a-t-elle bien pu trouver cette tortue ? » « Il me faut absolument une nouvelle tortue, moi aussi. »
Mais, pour celles et ceux qui rêvent d’un luxe pareil, la réalité est bien moins accessible. La tortue la plus chère au monde n’est pas un accessoire comme les autres : c’est un animal d’une rareté exceptionnelle, réservé à une élite qui peut en assumer le prix. Parmi les reptiles à carapace, une seule espèce semble vraiment digne des grands de ce monde. Et non, ce n’est pas une tortue ninja.
La tortue la plus chère du monde
Mladen Antonov/Getty Images
Vos yeux ne vous trompent pas : voici la race de tortue la plus chère au monde, la tortue boîte du Yunnan. Pourquoi atteint-elle une telle valeur ? Est-elle plus robuste, plus savoureuse, ou simplement plus facile à sublimer que ses congénères moins recherchées ?
La réponse tient surtout à une logique très simple de l’économie : l’offre et la demande. La tortue boîte du Yunnan est une espèce extrêmement rare, officiellement considérée comme éteinte au milieu du XXe siècle. Puis, en 2006, elle a refait surface, comme si elle sortait enfin de l’ombre après des décennies d’oubli, un peu à la manière d’un élève discret devenu soudainement très en vue.
Ainsi revenue sur le devant de la scène, cette tortue discrète mais réputée porte-bonheur est devenue, selon The History Reader, un objet prisé du marché des animaux exotiques illégaux. En Chine, son prix serait d’environ 15 000 dollars. Aux États-Unis, il pourrait grimper jusqu’à 200 000 dollars.
Autant dire que la tortue la plus chère reste hors de portée de la plupart des gens, qui doivent se contenter d’animaux bien plus ordinaires, comme les chiens et les chats — au moins ceux-ci réagissent quand on rentre du travail.
