L'histoire tragique de Dinah Washington, reine du Blues

L’histoire tragique de Dinah Washington, reine du Blues

"Découvrez la vie tragique de Dinah Washington, la reine du Blues, dont la voix captivante a marqué l'histoire de la musique américaine."

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Découvrez la vie tragique de Dinah Washington, la reine du Blues, dont la voix captivante a marqué l’histoire de la musique américaine.

Une enfance marquée par la solitude

Dinah Washington, née Ruth Jones, a peut-être vu le jour en Alabama, mais c’est à Chicago qu’elle a grandi. Selon James Haskins dans sa biographie, « Queen of the Blues: A Biography of Dinah Washington », le déménagement de sa famille vers le nord a non seulement façonné son enfance, mais a également eu un impact durable sur elle. Leurs premiers jours à Chicago ont été marqués par une solitude et une sensation d’étrangeté profondes. Son père, souvent absent à cause de ses activités de joueur, laissait à sa mère, Alice, le soin de subvenir aux besoins de la famille. Haskins évoque aussi la pauvreté extrême dans laquelle Dinah a grandi, entourée de rats et de cafards, partageant même une paire de bas avec sa mère pour pouvoir sortir.

Une relation difficile avec sa mère

Dans une production théâtrale de 1999 intitulée « Dinah Was », on a essayé de montrer la vie de Washington, mais selon ses sœurs, beaucoup d’aspects ont été mal interprétés ou exagérés. Elles insistent notamment sur le fait que, malgré leurs différends, Dinah et sa mère avaient une relation complexe mais aimante. Alice Jones, profondément religieuse, n’approuvait pas le style de vie de sa fille, mais cela ne signifiait pas que les liens familiaux n’étaient pas forts. Dinah, malgré le jugement constant et l’absence de reconnaissance qu’elle ressentait, a toujours pris soin de sa famille.

Un mal-être profond

Les critiques et le jugement constant sur son apparence ont profondément marqué Dinah Washington. La pression de se conformer aux standards de beauté et les moqueries dès son enfance l’ont poussée dans un cycle vicieux d’insécurité et d’auto-destruction. L’utilisation de pilules amaigrissantes et d’injections de mercure étaient des tentatives désespérées pour s’adapter aux attentes, ayant des conséquences désastreuses sur sa santé physique et mentale. Paradoxalement, les tournées intensives et les restrictions alimentaires imposées par la ségrégation raciale n’ont fait qu’accentuer son mal-être.

La dure vie sur le circuit « chitlin’ »

Les débuts de la carrière de Dinah Washington n’ont pas été de tout repos. Les spectacles incessants sur le circuit « chitlin’ », réservé aux artistes noirs à l’époque de la ségrégation, exigeaient un rythme effréné et des conditions souvent précaires. Washington et son groupe parcouraient des centaines de milliers de kilomètres par an pour se produire dans des théâtres et clubs où les impayés et les paiements en nature étaient monnaie courante. Cette période, bien que cruciale pour sa carrière, a été marquée par l’exploitation et la précarité.

Entre alcool, surmenage et dépression

La générosité de Dinah Washington l’a souvent mise dans des situations financièrement difficiles. Toujours prête à aider, elle s’est trouvée accablée de dettes. Le diagnostic d’une laryngite aigüe, qui l’obligeait à se reposer, a été ignoré pour des raisons financières, aggravant ses problèmes de santé. Son recours à l’alcool et sa lutte contre la dépression ont été des constantes dans sa vie, des combats menés loin des projecteurs et peu compris par son entourage. Ses tentatives de suicide et ses crises ont laissé ses proches perplexes quant à l’étendue de ses souffrances mentales.

Une quête de bonheur à travers de nombreux mariages

Le nombre exact de fois où Dinah Washington s’est mariée oscille entre sept et neufs unions, témoignant de sa recherche incessante d’amour et de stabilité. Chaque mariage semblait être une tentative pour échapper à un foyer familial compliqué ou pour trouver le bonheur qu’elle recherchait tant. Malheureusement, ces relations étaient souvent éphémères et sources de douleur, Washington ayant même avoué se marier parfois pour les mauvaises raisons, comme pour échapper à son environnement ou simplement pour relever le défi de séduire l’époux de quelqu’un d’autre.

Une fin tragique à l’âge de 39 ans

Le décès de Dinah Washington en 1963 n’a reçu qu’une attention mineure de la presse, reléguée à une brève nécrologie. Malgré les circonstances nébuleuses entourant sa mort, résultant d’une overdose de médicaments et d’alcool, son héritage demeure immortel. La découverte de son corps par son époux a été un choc pour tous, laissant ses proches et ses fans dans l’incrédulité. La douleur de cette perte a été ressentie par des milliers de personnes qui se sont rassemblées pour lui rendre hommage, malgré le froid glacial de Chicago. Dinah Washington reste à jamais dans les mémoires comme la reine du Blues, dont la voix et le talent étaient aussi grands que les tragédies qui ont marqué sa vie.

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