Jusqu'en 2011, la Russie ne voyait pas la bière comme un alcool

Jusqu’en 2011, la Russie ne voyait pas la bière comme un alcool

Bière en Russie: avant 2011, considérée comme aliment, pas alcool. Découvrez l'histoire méconnue dans cet article. #Histoire #Russie #Bières

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L’histoire méconnue de la bière en Russie

La Russie, pays souvent associé à la vodka, a connu une relation unique avec la bière, qui n’était pas considérée comme une boisson alcoolisée jusqu’en 2011. Contrairement aux idées préconçues, la bière et la vodka se partageaient une popularité presque égale parmi les Russes, représentant chacune 39% de la consommation totale d’alcool en 2016. Cependant, il faut remonter à plus de 1 000 ans dans l’histoire russe pour retracer les origines de la bière, avec l’invention du « kvass », une boisson fermentée sucrée à base de pain de seigle, aromatisée avec des baies, des pommes, des herbes et des épices. Cette boisson, bien que faiblement alcoolisée dans la Russie moderne, lançait les prémices de la culture brassicole dans le pays.

La domination de l’industrie de la bière en Russie par la brasserie Baltika, établie en 1978 mais ne produisant de la bière qu’en 1990, a marqué un tournant dans la consommation russe. Le début des années 2000 a vu la bière prendre le dessus sur la vodka dans le cœur des Russes, marquant une transition notable dans les habitudes de consommation.

La révolution de la bière en Russie

Au fil du temps, la bière est progressivement devenue un symbole de changement en Russie, incarnant une nouvelle forme de « révolution artisanale ». Les années 2010 ont vu émerger une nouvelle tendance parmi les jeunes Russes, qui, lassés des traditions, ont commencé à opter pour la bière plutôt que la vodka. Des brasseurs artisanaux comme Oleg Pivovar ont contribué à cet engouement en produisant des quantités impressionnantes de bière mensuellement, marquant ainsi le début d’une ère où la bière devenait plus qu’une simple boisson pour devenir un phénomène culturel.

L’intérêt croissant des jeunes et des « hipsters » pour des expériences nouvelles et non conventionnelles a propulsé la bière au premier plan, bouleversant les normes établies et redéfinissant la consommation d’alcool en Russie.

La perception de la bière en Russie avant 2011

Jusqu’en 2011, la législation russe considérait la bière contenant moins de 10% d’alcool comme une « denrée alimentaire » plutôt que comme une boisson alcoolisée. Cette classification particulière permettait à la bière d’être vendue sans restriction d’horaire ni de lieu, offrant ainsi une accessibilité sans pareille aux Russes qui la consommaient publiquement, rappelant presque la banalité de boire de l’eau en bouteille ou du soda.

Cette perception unique de la bière comme alternative plus saine à la vodka a contribué à son essor, entraînant une progression constante de sa consommation. Cependant, cette vision a finalement été remise en question avec l’adoption d’une loi importante en 2011 qui a placé la vente de bière sous le même régime strict que celui de l’alcool fort, marquant ainsi un tournant crucial dans l’histoire de la consommation de bière en Russie.

Les mesures drastiques pour contrôler la consommation d’alcool en Russie

Les autorités russes, confrontées à une crise liée à la consommation d’alcool et à ses effets dévastateurs, ont pris des mesures radicales pour endiguer ce fléau. Depuis la période post-soviétique jusqu’au début des années 2010, la Russie a vu ses politiques anti-alcool évoluer pour contrôler plus strictement la vente et la consommation d’alcool, y compris de la bière.

La hausse significative des taxes sur la bière, l’interdiction de la publicité télévisée et la prohibition de sa consommation dans les lieux publics ont marqué un changement majeur dans la perception de la bière en Russie. Le président Dmitry Medvedev a qualifié l’abus d’alcool dans le pays de « désastre national », soulignant ainsi l’urgence d’agir pour limiter les conséquences néfastes de la consommation excessive d’alcool.

Impact des politiques sur la consommation d’alcool en Russie

Les politiques strictes mises en place en Russie ont eu un impact significatif sur les habitudes de consommation, conduisant à une baisse marquée des taux de consommation d’alcool dans la population. Entre 2003 et 2016, la consommation d’alcool par habitant a chuté de 43%, contribuant à une réduction des taux de mortalité toutes causes confondues de 39% chez les hommes et de 36% chez les femmes.

La tendance à la baisse de la consommation de bière en Russie, amorcée au début des années 2000 et accentuée par les réglementations strictes, a marqué un changement profond dans la relation des Russes avec l’alcool. L’essor des ventes de bière sans alcool illustre également un changement d’attitude vers des alternatives plus saines, reflétant ainsi une évolution culturelle remarquable en Russie.

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