Benjamin Franklin, inventeur à l’esprit créatif, affichait tantôt une logique implacable, tantôt des initiatives audacieuses. En juin 1752, lors d’un orage violent, il mit au point une expérience risquée en faisant voler un cerf-volant, dans l’espoir de capter l’électricité ambiante dans un bocal de Leyde. Ce geste, qui aurait pu avoir de lourdes conséquences, permit néanmoins d’élucider certains mystères liés à la foudre et l’électricité, ouvrant la voie à des inventions révolutionnaires comme le paratonnerre.
Les contributions de Franklin ne se limitent pas aux études électriques. En 1752, il réalisa également une innovation médicale en concevant un cathéter urinaire bien plus souple et respectueux du confort humain que les modèles rigides en usage à l’époque. Cependant, une autre invention, moins connue mais tout aussi significative, vit le jour sous le coup d’un besoin bien précis : l’amélioration du système postal en Amérique coloniale.
Frustré par la lenteur et le manque de fiabilité des services postaux, Franklin développa un odomètre destiné à mesurer précisément les distances parcourues lors de ses nombreux voyages entre les colonies. Ce dispositif, semblable par principe à celui dont l’ingénieur romain Vitruvius avait posé les bases en utilisant un enchaînement de roues et de mécanismes à engrenages, se fixait sur une roue et s’inclinait d’un cran pour 400 rotations, marquant ainsi l’équivalent d’un mile (1,6 km). Grâce à cet appareil ingénieux, l’inventeur accumula une connaissance détaillée du réseau routier et des distances entre les centres postaux.
En somme, l’odomètre de Benjamin Franklin illustre à quel point son ingéniosité était orientée vers la résolution de problèmes concrets. En structurant avec précision les itinéraires et en affinant son système de mesure, il contribua de manière significative à l’amélioration et à la standardisation du service de la poste, apportant ainsi son lot de progrès à la société coloniale.