John Wesley Hardin incarne à lui seul l’esprit tumultueux du Far West. Né à Bonham, Texas, en 1853, son existence fut marquée dès son plus jeune âge par la violence. À 14 ans, il poignarda un camarade à l’école, et quelques années plus tard, il fit basculer son arme de prédilection en revolver pour commettre son premier meurtre, celui d’un homme noir anciennement asservi, au cœur d’une altercation. Au cours de ses 42 ans de vie, il ne tarda pas à se forger une réputation de tireur impitoyable, éliminant quiconque croisait son chemin en cas de conflit.
Selon des sources historiques, à l’âge de 25 ans, lorsqu’il débuta une peine d’emprisonnement durant laquelle il fut privé de toute arme, Hardin revendiquait déjà 44 homicides – bien que seules la moitié de ces revendications aient pu être vérifiées. Dans son autobiographie rédigée en 1896, il affirme n’avoir tué que ceux qu’il jugeait indispensables à éliminer, estimant que tirer sur quelqu’un relevait avant tout d’une mesure de survie personnelle. Cependant, une telle logique laisse la place à une interprétation biaisée de ce qui, selon lui, valait la peine d’être tué.
L’une des anecdotes les plus surprenantes met en lumière un épisode survenu à Abilene, Kansas. Alors âgé de 18 ans et hébergé dans un hôtel, Hardin fut incommodé par les ronflements assourdissants d’un voisin de chambre dont le mur était mitoyen. Sans hésiter, il fit feu à travers le mur, entraînant la mort du malheureux en un acte foudroyant. Plus tard, lorsqu’on évoqua cet incident, il minimisa ses faits en déclarant : « On raconte beaucoup de mensonges sur moi. On dit que j’ai tué six ou sept hommes à cause de ronflements. Ce n’est pas vrai, je n’ai tué qu’un seul homme pour cela. »
En 1885, un an seulement après avoir été gracié et libéré, sa légende prit fin de la manière la plus tragique : il fut abattu par un homme engagé pour tuer le mari de sa maîtresse. Ce destin illustre parfaitement le parcours d’un homme pour qui le règlement des conflits se faisait inévitablement au pistolet.