La chute de Borders Librairies, fin d'une ère littéraire

La chute de Borders Librairies, fin d’une ère littéraire

Découvrez la fin tragique de Borders Librairies, un géant de l'ère littéraire qui a fermé ses portes après des décennies d'activité.

La chute de Borders Librairies: Fin d’une ère littéraire

Les librairies Borders ont marqué une époque dans le paysage littéraire américain. Présentes partout dans le pays au début des années 2000, elles proposaient une vaste sélection de livres ainsi que des produits multimédias tels que des CD et des films. Des petites boutiques dans les centres commerciaux aux immenses bâtiments regorgeant de livres, les librairies Borders étaient incontournables. En 2003, selon NPR, plus de 1200 magasins étaient implantés à travers le pays. Cependant, d’ici 2012, la chaîne avait liquidé ses activités et fermé tous ses points de vente. Alors que des librairies telles que Barnes & Noble continuent d’être des piliers du marché du livre, la plus ancienne librairie d’Amérique est toujours en activité après plus de 150 ans. Il est clair que les gens lisent toujours et fréquentent les librairies pour découvrir de nouveaux coups de cœur. Borders, présente depuis plus de quatre décennies, a rencontré de nombreux problèmes au cours de ses dernières années. Mais qu’a été le coup fatal pour ce géant de la vente de livres ? Est-ce le passage aux ventes en ligne et aux liseuses, ou autre chose ?

Les débuts de Borders et l’avènement du commerce en ligne

Lors de son entrée sur le marché, Borders a su se démarquer en tant que grande surface où chacun pouvait trouver son bonheur en matière de lecture. Cependant, avec l’avènement d’Internet, les clients ont trouvé d’autres moyens de satisfaire leur soif de lecture. Contrairement à d’autres détaillants qui ont créé leurs propres sites web pour vendre leurs produits, Borders a choisi une approche différente. Plutôt que de développer sa propre plateforme en ligne, la chaîne a décidé de s’associer à Amazon pour la vente en ligne, ce qui signifiait qu’elle abandonnait le contrôle de sa présence en ligne, un choix préjudiciable à sa notoriété selon Time. Les difficultés se sont accentuées lorsque le site web détenu par Borders a engendré des coûts de maintenance exorbitants, estimés à 20 millions de dollars, avant même le partenariat avec Amazon. Cette stratégie a finalement nui à l’entreprise.

Parallèlement, l’émergence des liseuses et des livres numériques a commencé à prendre de l’ampleur. Alors que les ventes de livres électroniques ont dépassé celles des livres physiques au début des années 2000, Borders n’a pas su anticiper cette transition. Barnes & Noble a lancé sa propre liseuse, le Nook, pour concurrencer Amazon, mais Borders n’a pas suivi cette voie. Le manque de réactivité de Borders face à cette évolution du marché, notamment dans le domaine des livres numériques, a eu un impact négatif sur ses ventes et son positionnement.

La diversification des produits et ses conséquences

Initialement spécialisée dans la vente de livres, Borders a élargi son offre pour inclure des DVDs et des CDs, mettant ainsi l’accent sur ce marché dans les années 1990. Cependant, cette diversification n’a pas donné les résultats escomptés. L’arrivée de l’iPod et d’autres lecteurs MP3 peu de temps après ce virage a détourné la clientèle des supports physiques vendus par Borders. Selon Lit Reactor, la moitié de l’espace de vente de Borders était dédiée aux CDs, laissant ainsi des zones vides ou sous-utilisées lorsque ces supports ont progressivement perdu en popularité. Les difficultés ont été accentuées par la nécessité de réorganiser l’espace et la perte de revenus liée à la baisse des ventes de CDs.

Les problèmes liés à la stratégie immobilière

Une autre problématique soulevée lors de l’analyse post-mortem de Borders concerne sa politique d’acquisition excessive de biens immobiliers commerciaux. En achetant un nombre trop important de points de vente, la chaîne s’est retrouvée dans l’incapacité financière de les maintenir. De plus, la grande majorité de ses magasins se trouvaient à proximité d’autres librairies telles que Barnes & Noble, créant une concurrence directe et inévitable. Cette situation combinée aux évolutions du secteur vers les ventes en ligne et les livres numériques a contribué à l’affaiblissement progressif de Borders. Le manque de relocalisation des points de vente et l’incapacité à rivaliser avec les autres librairies de la région ont constitué des facteurs déterminants dans la fermeture de l’entreprise, déjà fragilisée par des dettes massives.

L’ambiance de travail : un élément à ne pas négliger

Outre les problèmes liés aux ventes en ligne et à la stratégie immobilière, des commentaires soulignent les différences d’atmosphère de travail entre Borders et d’autres détaillants. Alors que Barnes & Noble offrait à ses employés la possibilité d’explorer d’autres domaines, tels que le travail en tant que barista ou dans d’autres fonctions en plus de la caisse ou de la vente de livres, Borders n’a pas su offrir les mêmes opportunités. De même, d’autres enseignes comme Half Price Books proposaient de meilleures conditions de travail, incluant des pauses déjeuner rémunérées, des avantages complets et de meilleurs salaires. Bien que ces éléments n’aient pas été la cause directe de la fermeture de Borders, ils n’ont pas contribué à sa survie. La disparition de Borders a ouvert la voie à l’expansion des librairies indépendantes dans différentes régions du pays, mais pour beaucoup, la perte des grandes enseignes traditionnelles reste un sujet douloureux.

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