La tragique vie et fin de Phoolan Devi, reine des bandits

La tragique vie et fin de Phoolan Devi, reine des bandits

Plongez dans l'histoire tragique de Phoolan Devi, la reine des bandits de l'Inde. Découvrez son passé tumultueux et sa fin captivante.

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Phoolan Devi était connue par plusieurs surnoms : la Reine des bandits, la Rebelle des ravins, l’Ange vengeur. Ces appellations étaient réservées à l’une des figures indiennes les plus célèbres et controversées : Phoolan Devi. Certains la voyaient comme une meurtrière, d’autres comme une héroïne, et son histoire a captivé l’imagination du monde entier pendant quarante ans. Pour beaucoup, sa vie et sa mort symbolisaient le cycle de violence alimenté par un désir de justice et de vengeance entre les personnes des castes supérieures et inférieures. Phoolan Devi considérait ses années en tant que bandit comme les plus joyeuses de sa vie et estimait que se venger avait été le plus grand bonheur de son existence.

Une famille en proie à une extrême pauvreté

La famille de Phoolan Devi faisait face à des difficultés extrêmes : ils travaillaient constamment et peinaient à se nourrir. Il arrivait que les parents de Devi craignent de mourir de faim avec leurs enfants. Ils vivaient dans un petit village du nord de l’Inde. Sa famille a presque été déchirée par un conflit concernant un petit lopin de terre, qui représentait leur seule chance de survie, avec un cousin fortuné. Dans son autobiographie, Devi explique que les horreurs que sa famille a dû endurer étaient liées à une pauvreté extrême, mais imposée par une hiérarchie ancienne. Depuis sa naissance en 1963, la vie de Phoolan Devi était dictée par le système de castes : une hiérarchie sociale vieille de plus de mille ans qui a fini par devenir un système de classe codifié.

Un mariage forcé dans l’enfance

Malgré les nombreux défis auxquels sa famille était confrontée, Phoolan Devi était décrite comme une enfant joyeuse. À l’âge de 11 ans, son oncle organisa un mariage pour elle contre la volonté de sa mère, avec un homme d’environ trente ans. Ce mariage forcé fut une source de grande souffrance pour Devi, étant donnée la cruauté de son premier mari.

Une révolte menant à l’emprisonnement

La famille de Phoolan Devi possédait un arbre à baies très prisé, mais le cousin riche de la famille vola l’arbre avant qu’ils puissent le vendre. Ce vol a marqué le début d’une série d’affrontements entre Devi et son cousin, qui ont finalement conduit à son emprisonnement après qu’elle ait tenté de défendre la propriété familiale.

De l’emprisonnement à la vie avec les hors-la-loi

Moins d’un an après sa libération de prison, Phoolan Devi rejoignit un gang de dacoits, des bandits armés connus en Inde. Bien que les circonstances de son adhésion soient floues, elle finit par devenir l’une de leurs leaders, connue sous le nom de « Bandit Queen ». Sous sa direction, le gang mena des raids contre des villages de castes supérieures, vola des voyageurs et pratiqua des kidnappings.

La vengeance contre son agresseur

Selon certaines versions de l’histoire, Devi et un membre du gang nommé Vikram, qui est devenu son partenaire, ont dirigé ensemble le gang. Devi était désormais connue comme l’« Ange vengeur », la « rebelle des ravins » et plus célèbre encore, la « Reine des Bandits ». Elle et son partenaire ont mené le gang dans des raids contre les villages des castes supérieures, symbolisant sa vengeance personnelle, notamment contre l’homme qu’elle avait été forcée d’épouser enfant.

La capture et la torture

Le règne de Phoolan Devi en tant que reine des bandits ne dura qu’une année. Après avoir été trahie par des membres de son propre gang, Devi fut capturée et séquestrée dans un village de castes supérieures où elle fut torturée et violée. Elle survécut grâce à l’aide d’un prêtre du village voisin qui lui donna un pistolet et la clé de la chambre où elle était retenue captive. Jurant de se venger des habitants de Behmai, elle mena un massacre ravageur.

Le massacre de la Saint-Valentin

Le jour de la Saint-Valentin en 1981, Devi, se faisant passer pour une officière de police, retourna au village de Behmai pour sa vengeance. Avec son nouveau gang, elle a piégé les villageois et ordonné l’exécution d’environ 50 hommes de castes supérieures qui avaient participé à son enlèvement. Cet acte de violence extrême la transforma en la femme la plus recherchée en Inde.

Sa reddition et son emprisonnement

Devi était recherchée pour 55 accusations criminelles différentes. Elle a réussi à négocier une reddition selon ses termes, ce qui ne l’a rendue que plus célèbre. Après une reddition publique et spectaculaire le jour de la Saint-Valentin en 1983, elle et ses hommes furent emprisonnés. Devi a passé 11 ans en prison, bien qu’elle ait réussi à négocier de ne pas être formellement accusée des meurtres commis à Behmai.

Un passage controversé en politique

À sa libération, Devi s’est impliquée dans la politique, travaillant pour l’amélioration des vies des femmes et des marginalisés. Son entrée dans la politique fut aussi polarisante que sa vie de bandit. Bien qu’elle soit devenue une héroïne pour les femmes de castes inférieures, elle a souvent été confrontée à l’opposition violente de ceux dont les familles avaient souffert de ses actions antérieures.

L’assassinat de Phoolan Devi

Le 25 juillet 2001, alors membre du Parlement, Phoolan Devi fut assassinée par des hommes cherchant vengeance pour le massacre de Behmai, 20 ans auparavant. Sa mort a suscité de nombreuses spéculations, certaines personnes suggérant un assassinat politique pour empêcher sa réélection. Finalement, il a été révélé que son assassinat était à la fois un acte de vengeance et politique.

Un héritage complexe

Phoolan Devi restera une des figures les plus clivantes de l’histoire moderne de l’Inde. Pour certains, elle était un ange vengeur, une championne des opprimés. Pour d’autres, sa passé violent la rendait monstrueuse. Son autobiographie espérait inspirer ceux exploités et abusés à voir au-delà de son vécu pour se reconnaître dans sa lutte contre l’oppression, demandant de se rappeler de ses actes, pardonner ses erreurs et lui octroyer la paix.

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