L’histoire de Cockatoo Island, Alcatraz d’Australie

L’histoire de Cockatoo Island, Alcatraz d’Australie

L'île de Cockatoo, reconnue pour son importance culturelle pour les peuples autochtones australiens et les colons britanniques, est surnommée l'Alcatraz d'Australie.

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La fascinante histoire de l’île de Cockatoo, l’Alcatraz d’Australie

L’île de Cockatoo, située à l’endroit où les rivières Lane Cove et Parramatta se rejoignent, est considérée comme un lieu d’une grande importance culturelle tant pour les Autochtones australiens que pour les colons britanniques, qui lui trouvaient des utilisations stratégiques. En 2010, Cockatoo Island a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial, rejoignant ainsi une poignée de sites en Australie à détenir cette distinction unique. Au fil de l’histoire, l’île a été utilisée à des fins multiples. Ce qui a commencé comme une colonie pénitentiaire pour soulager la surpopulation des prisons avoisinantes a évolué pour devenir un lieu clé pour l’industrie maritime, puis un endroit stratégique pour les navires alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Les colons qui ont commencé à aménager l’île au XIXe siècle l’ont transformée d’une colline boisée en ce qu’elle est aujourd’hui. Cockatoo Island conserve aujourd’hui des structures de toutes ses phases de développement. Il est possible de voir les baraquements pénitentiaires construits par les premiers bagnards, mais aussi les endroits où les sous-marins de l’époque de la Seconde Guerre mondiale étaient réparés. Au lieu de détruire les anciens bâtiments pour en construire de nouveaux, les bâtiments existants ont été réaménagés de manière adaptative, préservant le passé tout en les modernisant pour des usages contemporains.

La vie sur l’île de Cockatoo

Avant de devenir une attraction touristique, l’île de Cockatoo était le foyer de centaines de bagnards. La vie y était brutale pour les détenus, les conditions de vie difficiles et le travail exténuant faisaient partie intégrante de leur quotidien. Une visite à cette ancienne colonie pénale de travail forcé pourrait vous donner une idée de pourquoi elle est parfois appelée l’Alcatraz de l’Australie.

Les premiers habitants de l’île

Des milliers d’années avant l’arrivée des Européens sur le territoire australien, des groupes autochtones étaient déjà présents, parmi eux les Eora, un groupe dominant établi le long de la rivière Parramatta. Plus de deux douzaines de clans, tous parlant la langue Dharug, faisaient partie de l’ensemble des Eora. Des preuves archéologiques montrent que les Eora ont habité cette région pendant environ 65 000 ans, ce qui indique qu’ils ont été le premier groupe à poser le pied sur l’île de Cockatoo. Cependant, malgré les nombreuses preuves reliant l’île aux habitants autochtones du rivage environnant, aucun vestige des Eora n’y subsiste. Ceci n’est pas surprenant pour les chercheurs compte tenu des perturbations géologiques constantes subies par l’île à partir de 1839, lorsque le gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud, Sir George Gipps, a décidé d’utiliser l’île comme site d’une nouvelle colonie pénale.

Les débuts en tant que colonie pénale

Le crime était en augmentation en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, menant à une vague d’incarcérations de masse et à des prisons surpeuplées. Pour soulager cette situation, des bagnards ont été envoyés sur les côtes de l’Amérique du Nord, jusqu’à ce que les colonies se rebellent contre le contrôle royal. L’Australie est alors devenue une option et, en 1788, le capitaine Arthur Phillip a débarqué en Nouvelle-Galles du Sud avec un navire transportant environ 700 bagnards. Au cours des 80 années qui ont suivi, 160 000 autres bagnards sont arrivés en Australie d’Angleterre, participant à la construction des colonies britanniques grâce à leur labeur.

Évolution de Cockatoo Island

Avec le temps, certaines prisons des colonies australiennes étaient en surpopulation. Sir George Gipps a eu l’idée d’utiliser l’île de Cockatoo comme site d’une nouvelle prison. Les prisonniers ont été contraints de vivre dans des tentes, creusant le sable pour construire des silos destinés à stocker du blé. La vie dans la colonie pénale de l’île était difficile, marquée par des problèmes d’hygiène, des épidémies et des conditions de vie très rudimentaires.

Le développement maritime

Après la fermeture de la colonie pénale en 1870, l’île a été utilisée pour la construction navale. En 1913, elle est devenue le chantier naval officiel de la Marine royale australienne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Cockatoo Island était un lieu de réparation pour les navires endommagés des marines alliées. Cette période a vu 400 personnes travailler sur l’île, réparant environ 250 navires. Une histoire d’évasion audacieuse est même conservée dans les annales de l’île, celui de Frederick Ward, devenu plus tard un bandit célèbre sous le nom de Captain Thunderbolt.

Le héritage actuel de Cockatoo Island

Aujourd’hui, l’île de Cockatoo est devenue une attraction touristique prisée. Les bâtiments construits par les bagnards sont toujours là, témoins de l’histoire maritime et pénitentiaire de l’île. Gérée par le Harbor Trust, l’île est ouverte toute l’année pour quiconque souhaite découvrir cette riche partie de l’histoire australienne.

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